26/04/2026
Pubblichiamo l’intervento di Fabrizio Rongione, che ha deciso di esporsi pubblicamente su una vicenda che riguarda l’intera comunità.
Un contributo che merita attenzione, al di là di ogni posizione politica.
Suite à la publication du message original en italien, voici sa traduction intégrale en français afin de permettre à chacun d’en prendre pleinement connaissance.
Chers concitoyens de Casalcassinese et Acquafondata,
Comme beaucoup d’entre vous le savent, depuis cinq ans déjà, je me bats contre la construction d’une nouvelle route voulue par la commune d’Acquafondata le long de la via Giunture.
J’ai récemment appris que le contrat avec l’entreprise chargée d’exécuter les travaux a été signé.
Aujourd’hui, pour la première fois, j’ai décidé de m’exprimer publiquement, car il est temps que chacun connaisse en détail cette triste affaire.
Il est important de clarifier immédiatement un point fondamental : cette route est inutile, nuisible pour l’environnement et potentiellement dangereuse.
Ces dernières années, j’ai toujours préféré ne pas répondre aux attaques lâches dont ma mère, en tant que propriétaire de notre maison, a été victime.
Des attaques d’autant plus honteuses que, dans le village, tout le monde connaît sa gentillesse et son intégrité et sait bien qu’elle n’a jamais souhaité de mal à personne.
La dernière lettre reçue — une fois encore en partie dirigée contre elle et signée par la commune (sans que son auteur ait le courage de se dévoiler ouvertement) — m’oblige aujourd’hui à intervenir publiquement.
Je le fais pour enfin exposer les faits, mais aussi pour dire clairement que je ne tolérerai plus aucune intimidation à l’encontre de ma mère.
Dans cette lettre, la commune se plaint de ne pas avoir « suffisamment de liberté d’action ».
En d’autres termes, elle reproche à l’opposition de faire son travail : contrôler les appels d’offres, les financements, les actes administratifs et le bon fonctionnement de la chose publique.
Dans une démocratie, il y a ceux qui gouvernent et ceux qui contrôlent.
Ces contrôles sont des instruments essentiels pour protéger les citoyens contre les abus.
Peut-être que la commune préférerait un autre système politique, différent de celui démocratique ?
Comme beaucoup le savent déjà, en juillet 2023, ma mère a reçu de la commune un arrêté de démolition.
Nous avons contesté cet acte devant le tribunal administratif de Latina.
Malheureusement, la première décision nous a été défavorable.
Il faut le dire clairement : la loi doit toujours être respectée, même lorsqu’une décision judiciaire nous est contraire.
Cependant, le juge n’a pas analysé en profondeur le contexte de l’affaire.
Sans une reconstitution correcte des faits, la vérité reste inévitablement partielle.
Nous avons décidé de poursuivre dans les degrés de juridiction suivants, contre ce que nous considérons comme une mesure de rétorsion évidente de la part de la commune.
Mais avant d’entrer dans le détail de la route, il est nécessaire de faire un pas en arrière.
Le terrain sur lequel se trouve notre maison appartient à notre famille depuis 1898.
Il a été donné à mon arrière-grand-père à sa naissance. Au début du XXe siècle, sa mère y construisit une première habitation, détruite pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, la misère s’est installée.
Les champs ne pouvaient plus être cultivés à cause des mines et de la pollution liée au conflit.
Casalcassinese a été durement touchée par la ligne Gustav.
Après la guerre, de nombreux habitants ont émigré, y compris mes grands-parents, partis en Belgique avec l’espoir d’une vie meilleure, tout en promettant de revenir chaque été.
Mon arrière-grand-père, Domenico Rongione, alors sacristain de l’église du village, a donné le terrain à mon grand-père. Sur ce terrain, une petite maison a ensuite été reconstruite, modeste mais précieuse pour notre famille.
Et nous arrivons au point contesté par la commune : le prétendu « empiètement sur le domaine public » serait en réalité une simple clôture métallique d’environ 4,5 mètres, installée par mon grand-père au début des années 60 pour éviter que quelqu’un ne tombe de la petite route située au-dessus de ma maison.
Après avoir demandé à plusieurs reprises l’intervention de la commune sans obtenir de réponse, il a décidé d’agir par sens des responsabilités.
Ce n’était certainement pas ma mère, alors âgée de 7 ou 8 ans, qui l’avait installée.
Quoi qu’il en soit, afin d’éviter toute instrumentalisation supplémentaire, je me chargerai personnellement de la retirer.
J’ai grandi avec mon grand-père.
C’est l’homme que j’ai le plus aimé dans ma vie.
Il m’a transmis l’amour pour ce village, qui pour moi n’est pas seulement un lieu, mais une partie de mon identité.
Pour moi, l’été a toujours eu un seul nom : Casalcassinese.
Ce village fait partie de moi.
C’est ici que reposent mes grands-parents.
Aujourd’hui, leur petit-fils se bat pour défendre ce qu’ils ont construit par leur travail, sans rien demander à personne.
Après la mort de son père, ma mère a décidé d’agrandir la maison, en présentant toute la documentation nécessaire.
Les projets ont été validés par les techniciens communaux de l’époque, puis confirmés par la suite.
La question est simple : pourquoi cela n’a-t-il pas été contesté à l’époque ?
Pourquoi aujourd’hui fait-on comme si ces documents n’avaient jamais existé ?
Pendant plus de vingt ans, personne n’a parlé de contraintes hydrogéologiques ou paysagères.
Pourquoi aujourd’hui ces contraintes semblent-elles ne s’appliquer qu’à notre maison et pas aux nombreuses habitations encore plus proches du soi-disant torrent Rava, qui en réalité n’existe plus depuis des décennies ?
Et pourtant, comment pourrais-je souhaiter le même sort à mes voisins… Je préférerais mille fois être le seul visé.
Lors d’un meeting électoral en octobre 2021, sur la place des morts d’Acquafondata, le maire de l’époque a laissé entendre publiquement qu’il connaissait des problèmes liés à notre habitation.
Pourquoi alors attendre jusqu’en juillet 2023 pour notifier officiellement un arrêté de démolition ?
En mars 2021, j’ai appris que la commune avait l’intention de réaliser une route le long de la via Giuntura, destinée à passer entre mon habitation et celle de mes voisines.
J’ai demandé à consulter ce projet et je l’ai fait analyser par des professionnels.
Tous ont mis en évidence un risque concret de déstabilisation de la zone si cette route était construite.
Il est bien connu que l’abattage d’arbres dans des zones en pente augmente le risque de glissements de terrain.
Et pourtant, la commune a obtenu un financement de 700 000 euros pour la « sécurisation du mouvement de terrain à proximité du torrent Rava et la remise en état et mise aux normes de la voirie existante », en soutenant l’existence d’un risque qui, dans les faits, n’est pas documenté de manière convaincante.
Je me demande : où sont les éléments qui prouvent l’existence d’un danger réel ?
Je possède des documents de l’ISPRA ainsi qu’une capture d’un document publié sur le site de la commune — puis retiré — attestant que les mouvements de terrain dans la zone de via Giuntura ne justifiaient pas d’interventions structurelles importantes.
Mais alors, si dès 2021 l’intervention était si urgente, comment se fait-il qu’en 2026 le village n’ait pas été emporté par des glissements de terrain ? Sommes-nous face à un miracle ?
Il s’agit d’argent public.
Et chaque euro dépensé sans réelle nécessité est un préjudice pour la collectivité.
La réalité est que cette route ne répond à aucun besoin des citoyens.
Elle ne réduit pas les temps de trajet comme cela avait été affirmé lors d’un meeting au bar de Casalcassinese durant l’été 2021.
Il a même été déclaré que, grâce à cette route, le village passerait de 40 à 3 000 habitants.
Une prévision qui défie toute logique dans un pays qui se dépeuple depuis des décennies.
Peu après ce meeting, j’ai lancé une pétition contre la route (je remercie au passage les près de 150 signataires), et en juillet 2023, l’arrêté de démolition est arrivé.
Toujours durant l’été 2021, pour me convaincre, on m’a expliqué qu’il serait possible de commencer les travaux de la route puis, avant d’arriver à proximité de notre habitation, de bifurquer vers la droite pour construire un pont sur le soi-disant « torrent » Rava, afin de rejoindre la route provinciale Cassino-Venafro.
À ma question explicite sur l’existence d’un projet pour ce pont, il m’a été répondu qu’il n’y avait encore rien de défini, mais que je devais « faire confiance ».
Cette route est tout simplement une œuvre inutile.
Et alors qu’on parle de sécurité, on intervient sur un territoire qui, jusqu’à présent, n’a jamais présenté de criticité justifiant un ouvrage aussi invasif.
En résumé : des fonds publics sont utilisés pour construire une route large de plusieurs mètres sur un tracé qui a toujours été historiquement une simple mulettière, même si la commune affirme qu’une route carrossable a toujours existé.
Si, pour soutenir cette thèse, on invoque d’anciens documents mentionnant une « route vicinale », il convient de rappeler qu’au début du XXe siècle, dans les Apennins, ce terme désignait principalement des chemins ruraux ou de campagne, appartenant aux propriétaires des terrains voisins, mais à usage public.
Il s’agissait de liaisons entre champs, fermes ou petits hameaux et les routes communales ou provinciales.
Leur largeur typique était d’un à deux mètres, souvent même inférieure dans les passages les plus escarpés, et fréquemment non carrossables.
Si une route de plusieurs mètres de large avait réellement existé près de chez nous, il en resterait des traces évidentes.
Je mets quiconque au défi d’en apporter la preuve.
J’aime ce village. Je l’ai toujours aimé.
Si cette route avait été réellement utile à la collectivité, je l’aurais soutenue.
Au contraire, j’ai choisi de m’y opposer, conscient des conséquences.
Notre maison est histoire, mémoire, identité.
À deux reprises, la commune m’a remis une plaque : d’abord comme citoyen d’honneur, puis avec une dédicace exprimant « la fierté pour mon succès en tant qu’acteur, au nom du maire, de l’administration et des concitoyens ».
Je ne le rappelle pas pour me vanter, ni pour revendiquer un quelconque privilège, mais pour expliquer que mon combat représente un devoir, dans l’intérêt du village. Il nous concerne tous.
Parfois, se taire est plus facile.
Moi, j’ai choisi de parler.
Même au risque de tout perdre.
Comme l’écrivait Montesquieu :
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. »
Et j’ajoute :
« C’est une expérience tout aussi éternelle que celui qui n’en a pas est porté à résister. »
Fabrizio Rongione