13/05/2025
*Trump, Musk : le business de la misère ? Très peu pour eux*
Il semble que Donald Trump ne soit pas décidé à marcher sur les traces de Joe Biden en Haïti. Les courtages sur les missions de paix à 350 millions de dollars, qui faisaient saliver Biden et Guterres, ne passionnent ni Trump ni Musk. Ils visent plus haut, plus gros. Quelques dizaines de millions sur le dos du chaos et de la pauvreté en Haïti ? À ce tarif, on ne paie même pas un moteur de fusée SpaceX, encore moins une salle de bain en or massif à Mar-a-Lago.
Elon Musk ne va sûrement pas troquer ses rêves de colonisation de Mars contre quelques antennes Starlink plantées sur les toits effondrés de Port-au-Prince. Non, ces deux-là ont d’autres ambitions : les minerais du Groenland, le pétrole d’Arabie Saoudite, l’uranium ukrainien… les vraies affaires, celles chiffrées en milliards.
Le business de l'humanitaire et de ses misères, lui, reste l’affaire des Clinton et de leur holding, Pauvres & ONG S.A, qui a fait sienne une formule bien rodée :
catastrophe naturelle + maladie = appel à la solidarité = conférence à New York = mission humanitaire = jackpot.
Les Biden et Guterres ont suivi la recette à la lettre, encaissant quelques millions en « solidarité avec Haïti », sans Haïtiens — à part les gangs — à bord. Un séisme, ça ne tombe pas tous les jours. Alors quand le chaos s’installe, autant l’amplifier et l’exploiter pendant dix ans. Mais chez les Républicains, on joue une autre partition.
L’administration Trump vient de classer Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes, tout comme l’avait déjà fait le gouvernement d’Abinader. Une manœuvre qui lui donne les armes juridiques pour intervenir en Haïti, possiblement en coordination avec l’OEA.
Et nous, là-dedans ? On a crié, écrit, alerté. On a expliqué les dangers. Mais la page est tournée : que cela nous plaise ou non, l’étape est franchie.
Et le CPT ? Probablement occupé à compter ses perdiem, à négocier des contrats de restauration pour la PNH — pendant que la population nourrit elle-même les policiers en mission — ou à se sucrer sur des achats de blindés défectueux pour une police déjà à genoux.
Le compte à rebours est lancé. Mais vers quoi ? À nous de le décider.
Michel Legros
Sitwayen pou Respè Konstitisyon
[email protected]
5 mai 2025
Réponse à M Legros
Cher Michel Legros,
Votre message est percutant, lucide et sans concession. Vous soulignez avec justesse l’indifférence stratégique des grandes puissances face à la détresse haïtienne, et vous exposez les jeux d’intérêts, souvent cyniques, qui se jouent au-dessus de nos têtes. Trump et Musk ne s’intéressent pas à Haïti parce que le pays ne pèse pas assez dans leurs calculs économiques et géopolitiques. Quant à l’industrie de l’humanitaire, vous en décrivez bien les dérives quand elle devient un circuit fermé de profits, détaché des réalités locales.
Mais au-delà du constat, vous posez la vraie question : et nous, Haïtiens, que faisons-nous ? Le chaos n’est pas une fatalité. Le cynisme international ne doit pas devenir une excuse nationale. Il est temps que les forces vives du pays, dans toutes les communes, les sections communales, et dans la diaspora, se lèvent avec un projet clair, structuré, pour reprendre en main notre avenir.
Le compte à rebours est lancé, dites-vous. Alors décidons ensemble de ce que sera le jour d’après : une reconstruction fondée sur l’intelligence collective, la souveraineté et la dignité.
Respectueusement,
J C Henri
RISP, Révolté de l’injustice sociale et politique