10/02/2026
Après environ deux années d’expérience au sein de la Délégation spéciale de la Commune Rurale de Khorira, en qualité de troisième conseiller sur la liste officielle nominative du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, il apparaît nécessaire de tirer des enseignements institutionnels et juridiques issus de cette pratique administrative locale.
Durant cette période, plusieurs activités multisectorielles ont été initiées et débattues dans un cadre de réflexion collective, impliquant les conseillers communaux, les acteurs locaux et certains décideurs. Ces échanges ont mis en évidence les forces, mais également les limites du mode actuel de gouvernance communale, notamment au regard des exigences du développement durable, de la bonne gouvernance et du respect des textes en vigueur.
1. Enjeux juridiques des choix politiques à l’approche des élections
À l’orée des élections sénatoriales, législatives et communales, une vigilance particulière s’impose quant aux choix des représentants et aux propositions programmatiques formulées pour l’avenir de la commune.
D’un point de vue juridique, ces choix doivent être conformes :
• aux principes constitutionnels de participation citoyenne et de décentralisation ;
• aux dispositions du Code des collectivités locales révisé en République de Guinée ;
• aux exigences de transparence, de redevabilité et d’efficacité de l’action publique locale.
2. Khorira, une collectivité territoriale à fort potentiel
La Commune Rurale de Khorira, située dans la préfecture de Dubréka, est caractérisée par :
• une population mixte et économiquement dynamique ;
• une position stratégique en tant qu’extension du Grand Conakry, jusqu’à la commune rurale de Tanènè ;
• une pression démographique et foncière croissante, génératrice de défis administratifs majeurs.
Ce contexte impose une gestion inclusive impliquant :
• l’État central, à travers le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation ;
• les autorités communales ;
• les différentes composantes sociales (jeunes, femmes, leaders communautaires, opérateurs économiques).
3. Fondements juridiques de la compétence communale
Conformément à l’article 4 et aux articles 27 à 30 du Code des collectivités locales, les communes disposent de compétences propres en matière :
• d’administration locale ;
• de gestion des services publics communaux ;
• de développement économique et social ;
• d’aménagement du territoire.
À l’image des communes urbaines fortement peuplées telles que Sonfonia, Khorira doit s’inscrire dans une logique de modernisation progressive des services publics locaux, respectant les missions régaliennes dévolues aux collectivités territoriales.
4. Nécessité d’un leadership local fort et responsable
Sur le plan du droit administratif et de la gouvernance publique, Khorira a besoin :
• d’un leadership fort, compétent en management public, en administration territoriale et en décentralisation ;
• d’hommes et de femmes animés par une ambition collective, détachée des intérêts personnels ;
• de dirigeants disposant des outils juridiques, techniques et financiers nécessaires pour relever les défis structurels.
La gestion communale doit viser un objectif fondamental :
👉 garantir à chaque citoyen les conditions minimales de dignité, tout en assurant un équilibre social et économique durable par la valorisation des ressources locales.
5. Composition et responsabilité du Conseil communal
La Commune Rurale de Khorira, également appelée Khabita, nécessite un Conseil communal d’au moins 23 conseillers, conformément aux normes démographiques et administratives.
La constitution de l’organe exécutif issu de ce conseil doit :
• se faire avec rigueur et transparence ;
• éviter la reproduction des erreurs du passé ;
• reposer sur la compétence, l’intégrité et la vision de développement.
En définitive, la gouvernance de la Commune Rurale de Khorira doit s’inscrire dans une lecture juridique rigoureuse de la décentralisation, où la légalité, la participation citoyenne et l’efficacité administrative constituent les piliers de l’action publique locale.
Le développement durable de cette collectivité territoriale dépendra moins des textes – déjà existants – que de la qualité des acteurs chargés de les mettre en œuvre.