06/05/2026
Budget 2026 : un équilibre en trompe-l’œil
À première lecture, le budget 2026 semble équilibré.
Mais une analyse approfondie des chiffres révèle une autre réalité : celle d’un budget fragile, contraint et sans cap clair.
La Chambre régionale des comptes l’avait déjà souligné : la commune s’est redressée, certes, mais elle demeure fragile et doit consolider sa situation.
Or aujourd’hui, ce budget ne corrige pas ces fragilités. Il les prolonge.
L’épargne brute s’élève à 5,85 %.
Ce niveau est très faible et traduit une capacité d’autofinancement quasi inexistante pour investir.
La masse salariale atteint 62 %, et près de 66 % en réalité si l’on intègre les charges annexes.
Ce niveau est anormalement élevé et constitue une rigidité structurelle qui limite toute politique nouvelle.
Par ailleurs, 95 % des recettes sont déjà consommées.
Autrement dit, il n’y a plus de marge, plus de respiration, plus de capacité d’adaptation.
Dès lors, comment ce budget tient-il ?
Par des mécanismes d’équilibre fragiles :
– 900 000 € de virement interne, dont la justification reste incertaine
– plus d’un million d’euros de subventions à percevoir, sans garantie réelle
Il ne s’agit pas d’une stratégie financière, mais d’une dépendance.
Dans le même temps, plusieurs points majeurs restent en suspens :
– absence de programmation pluriannuelle malgré les recommandations de la CRC
– interrogations sur la fiabilité de l’actif
– un budget annexe de la caisse des écoles manquant de clarté, avec 35 000 € en “divers”
Ce budget est peut-être équilibré sur le plan comptable.
Mais il ne l’est ni sur le plan politique, ni sur le plan financier, ni sur le plan stratégique.
Il ne garantit ni la transparence, ni la sécurité, ni la préparation de l’avenir.
La véritable question n’est donc pas de savoir si ce budget est équilibré.
La question est de savoir s’il est sincère, soutenable et à la hauteur des enjeux de notre commune.
Aujourd’hui, la réponse est non.
La Chambre régionale des comptes demandait de consolider la situation.
Vous faites le choix de prolonger les fragilités.
Et cela, pour notre commune, n’est pas acceptable.