Mon carnet George Sand

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Mon carnet George Sand Mon carnet George Sand, ouvre ses pages sur la vie de George Sand, sa famille, son Nohant, ses amis, et son œuvre à travers des textes, citations et photos

Le 13 août 1863 Eugène Delacroix , l'ami de toujours, meurt dans son atelier parisien de la tuberculose.George Sand pose...
31/05/2026

Le 13 août 1863 Eugène Delacroix , l'ami de toujours, meurt dans son atelier parisien de la tuberculose.

George Sand pose son regard sur...

« L’absence et la mort ne diffèrent pas beaucoup ; donc, on ne se quitte pas, on se perd de vue ; mais on sait bien que, n’importe où, on se retrouvera. Aussi je ne dis jamais adieu dans le sens de « Dieu nous sépare ! »
je le dis toujours dans le sens « Au revoir en Dieu, sur cette terre ou sur une autre ! »
Est-ce que l’on ne fait pas de progrès tant qu’on veut vivre et tant qu’on croit à l’idéal ? Est-ce que l’idéal ne sert qu’à cette vie d’un jour ou deux sur la terre ? Ne croyez pas cela.
Nous emportons avec nous ce que nous avons acquis, et nous l’emportons pour l’accroître dans l’éternité. Qu’importe que, dans une ou deux de nos existences, nous n’ayons pas été assez encouragés, si nous avons entretenu le feu sacré en nous et dans les autres ?
Ne comptez pas pour rien ces heures où vous donnez, avec votre âme, celle des grands maîtres à vos amis ; tout cela, c’est un échange, entre eux, vous et nous, de ce qu’il y a de meilleur et de plus élevé dans le sanctuaire commun».

George Sand, extrait d'une lettre adressée à Joseph Dessauer le 15 août 1863, Nohant.

Illustrations : George Sand par Nadar, colorisation moderne (Mon carnet George Sand)

« Si le monde était juste et raisonnable, il ferait plus attention à mon cœur qu’à ma vilaine figure et mes mauvais habi...
30/05/2026

« Si le monde était juste et raisonnable, il ferait plus attention à mon cœur qu’à ma vilaine figure et mes mauvais habillements.»

George Sand, extrait du roman La petite Fadette.

Illustrations : George Sand, photo/dessin par le photographe Pesme à Paris (BnF)

Le dernier jour à Nohant avant un départ pour Paris...Vendredi 29 mai 1874,Temps superbe, grande chaleur. Jardin, paquet...
29/05/2026

Le dernier jour à Nohant avant un départ pour Paris...

Vendredi 29 mai 1874,

Temps superbe, grande chaleur. Jardin, paquets et rabibochages.
Le soir jardin, 1 dessin, domino. J'ai le coeur très gros cette fois de m'en aller.
J'ai toujours peur de mourir loin des miens dans un de ces voyages. C'est bête car je me sens encore la force de faire mon état.
Je bige à peine mes fillettes pour ne pas trop penser que je les quitte.

George Sand, extrait de l'agenda de 1874.

Illustrations : La page de l'agenda manuscrite par George Sand de l'agenda de 1874 (BnF) - La famille Sand par Verdot et Nadar (Bibliothèque patrimoniale de Paris)

Le lendemain, en quatre heures, nous gagnons Cannes. Le trajet le long de la mer est aussi beau que celui de Marseille à...
28/05/2026

Le lendemain, en quatre heures, nous gagnons Cannes. Le trajet le long de la mer est aussi beau que celui de Marseille à Toulon, et tout cela se ressemble sans s’identifier. Ce qui est nouveau d’aspect pour moi, c’est la chaîne des Mores, montagnes couvertes de forêts et d’une tournure fière avec un air sombre. On les côtoie et on entre dans les contre-forts de l’Estérel, massif superbe de porphyre rouge découpé tout autrement que la Carpiagne, qui est calcaire et disloquée. L’Estérel à la physionomie d’une chose d’art, des mouvements logiques et voulus comme les ont généralement les roches éruptives. Ses sommets ont peu de brèche, ses dents s’arrondissent comme des bouillonnements saisis d’un brusque refroidissement. Rien ne prouve que telle soit la cause de ces formes arrêtées et solides, mais l’esprit s’en empare comme d’une raison d’être des ligues moutonnées qui festonnent le ciel et qui descendent en bondissements jusque dans la mer. Petites montagnes, collines en réalité, mais si élégantes et si fières qu’elles paraissent imposantes. Une grande variété de groupements, rentrant dans l’unité de plans de la structure générale, peu de blocs isolés ou détachés là où l’homme n’a pas mis la main ; des murailles droites inexpugnables, des plissements soudains arrêtés par des mamelonnements tumultueux qui se dressent en masses homogènes, compactes, d’une grande puissance. Rien ici ne sent le désastre et l’effondrement. Rien ne fait songer aux cataclysmes primitifs. C’est un édifice et non une ruine ; la végétation y prend ses ébats, et le mois de mai doit y être un enchantement.

George Sand, extrait de Nouvelles lettres d'un voyageur, avril 1868 à Gustave Tourangin. Edition Calmann Lévy.

Le musée des Beaux-Arts de Draguignan présente l’exposition Les roches rouges. Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle, consacrée à un territoire emblématique situé à proximité. À travers une sélection d’œuvres et d’archives, elle met en lumière l’Estérel comme une source d’inspiration majeure pour les artistes. La scénographie immersive invite le visiteur à une véritable promenade au cœur de ces paysages singuliers. Cette exposition propose ainsi une redécouverte sensible et inédite de ce massif, entre art, patrimoine et enjeux contemporains.
Exposition du 22 mai au 31 octobre 2026, Musée des Beaux-Arts, 9 rue de la République, 83300 Draguignan. Tél 04 98 10 26 85. de 10h à 18h. Fermé le mardi.

Illustrations : Hercule TRACHEL Synthétisation de la Riviera de l'Estérel à Bordighera Aquarelle (Villa Masséna, Nice) - Affiche Les roches rouges, exposition temporaire au musée des Beaux-Arts de Draguignan. George Sand par Nadar (© National Portrait Gallery, London)

Musée des Beaux-Arts de Draguignan

Non, nous n’avons plus affaire à la mort, mais à la vie. Nous ne croyons plus ni au néant de la tombe, ni au salut achet...
27/05/2026

Non, nous n’avons plus affaire à la mort, mais à la vie. Nous ne croyons plus ni au néant de la tombe, ni au salut acheté par un renoncement forcé ; nous voulons que la vie soit bonne, parce que nous voulons qu’elle soit féconde. Il faut que Lazare quitte son fumier, afin que le pauvre ne se réjouisse plus de la mort du riche. Il faut que tous soient heureux, afin que le bonheur de quelques-uns ne soit pas criminel et maudit de Dieu. Il faut que le laboureur, en semant son blé, sache qu’il travaille à l’œuvre de vie, et non qu’il se réjouisse de ce que la mort marche à ses côtés. Il faut enfin que la mort ne soit plus ni le châtiment de la prospérité, ni la consolation de la détresse. Dieu ne l’a destinée ni à punir, ni à dédommager de la vie ; car il a béni la vie, et la tombe ne doit pas être un refuge où il soit permis d’envoyer ceux qu’on ne veut pas rendre heureux.

George Sand, extrait de la Mare au Diable, chapitre I, édition Calmann Lévy 1851.

Illustrations : George Sand par Nadar, colorisation moderne agence Draçenoise.

« Elle vit loin de la société, dans une indépendance que le monde trouverait bizarre, mais qui n’a rien que de raisonnab...
26/05/2026

« Elle vit loin de la société, dans une indépendance que le monde trouverait bizarre, mais qui n’a rien que de raisonnable et de légitime chez celui qui ne demande rien au monde et qui ne s’ennuie pas de l’isolement.»

George Sand, extrait du roman Jacques, R***e des deux Mondes 1853.

Illustrations : Nohant chez George Sand de nos jours (© David Bordes)

Mon mari n’était pas avare, et il ne me refusait rien ; mais je n’avais pas de besoins, je ne désirais rien en dehors de...
25/05/2026

Mon mari n’était pas avare, et il ne me refusait rien ; mais je n’avais pas de besoins, je ne désirais rien en dehors des dépenses courantes établies par lui dans la maison, et, contente de n’avoir plus aucune responsabilité je lui laissais une autorité sans limites et sans contrôle. Il avait donc pris tout naturellement l’habitude de me regarder comme un enfant en tutelle, et il n’avait pas sujet de s’irriter contre un enfant si tranquille.
Si je suis entrée dans ce détail, c’est que j’ai à dire comment, au milieu de cette vie de religieuse que je menais bien réellement à Nohant, et à laquelle ne manquaient ni la cellule, ni le vœu d’obéissance, ni celui de silence, ni celui de pauvreté, le besoin d’exister par moi-même se fit sentir. Je souffrais de me voir inutile. Ne pouvant assister autrement les pauvres gens, je m’étais faite médecin de campagne, et ma clientèle gratuite s’était accrue au point de m’écraser de fatigue. Par économie, je m’étais faite aussi un peu pharmacien, et quand je rentrais de mes visites, je m’abrutissais dans la confection des onguens et des sirops. Je ne me lassais pas du métier ; que m’importait de rêver là ou ailleurs ? Mais je me disais qu’avec un peu d’argent à moi, mes malades seraient mieux soignés et que ma pratique pourrait s’aider de quelques lumières.

George Sand, extrait de l'histoire de ma vie, chapitre vingt-cinquième, volume X, tome III de l'edition Wolfgang Gerhard, 1855.

Illustrations : George Sand par Nadar (BnF)


Dès avant mon mariage j’avais senti que ma situation dans la vie, ma petite fortune, ma liberté de ne rien faire, mon pr...
24/05/2026

Dès avant mon mariage j’avais senti que ma situation dans la vie, ma petite fortune, ma liberté de ne rien faire, mon prétendu droit de commander à un certain nombre d’êtres humains, paysans et domestiques, enfin mon rôle d’héritière et de châtelaine, malgré ses minces proportions et son imperceptible importance, était contraire à mon goût, à ma logique, à mes facultés. Que l’on se rappelle comment la pauvreté de ma mère, qui l’avait séparée de moi, avait agi sur ma petite cervelle et sur mon pauvre cœur d’enfant ; comment j’avais, dans mon for intérieur, repoussé l’héritage, et projeté longtemps de fuir le bien-être pour le travail.

George Sand, extrait de l'histoire de ma vie, chapitre vingt-cinquième, tome X, volume III de l'édition Wolfgang Gerhard, 1855.

Illustrations : Photographie vers 1855, anonyme, portrait de Casimir Dudevant (1795-1871) époux de George Sand (Musée de la Vie Romantique, Paris). George Sand, photographie de 1852 et par Nadar 1863, d'après un daguerréotype de Pierre-Ambroise Richebourg (Collection privée).

Samedi 23 mai à Nohant 1874,Il a plu dans la nuit. Il fait beau, charmant avec de beaux nuages roses et des ombrages de ...
23/05/2026

Samedi 23 mai à Nohant 1874,

Il a plu dans la nuit. Il fait beau, charmant avec de beaux nuages roses et des ombrages de fleurs. Les faux ébéniers sont splendides cette année.
Maurice et Lina vont à la foire à La Châtre. Ils déjeunent chez les de Vasson.
Leçon de Lolo. Je relis ma pièce toute entière. Je la relirai encore demain.
Je fais 2 dessins et 4 le soir. Jardin après dîner et pluie. On en voudrait encore. Le temps y est. Visite d'Edouard ce soir.

Illustrations : La page de l'agenda de 1874 manuscrite par George Sand (BnF), photos de Nohant de nos jours.

La vie à Nohant …vu par Théophile Gautier en 1863 Théophile Gautier n‘est venu qu’une fois à Nohant, en septembre 1863 ....
22/05/2026

La vie à Nohant …vu par Théophile Gautier en 1863
Théophile Gautier n‘est venu qu’une fois à Nohant, en septembre 1863 . Arrivé le 7au soir, il en repartira le 12 au matin, pendant son séjour, il écrit à sa compagne Ernesta Grisi cette magnifique lettre sur la vie à Nohant.

« Ma chère Nini, je suis arrivé à Nohant en bon état, et j’y ai reçu, l’accueil le plus amical. Il y a Marchal et le petit Dumas. L’endroit est très solitaire quoique sur le bord de la route . La maison demi-château a bonne figure avec ses lierres et ses vieilles murailles grises au milieu d’un vaste enclos, moitié parc, moitié jardin . Le tout assez négligé et juste au point où je l’aime . J’ai une grande chambre très commode avec un excellent lit, une toilette et tout ce qu’il faut. J’ai passé ma journée à regarder jouer aux boules et à me promener dans! les allées dans un calme profond dont j’avais besoin car j’étais encore fatigué de la fête. Madame Sand est la tranquillité même. Elle roule sa cigarette, la fume et parle peu car elle travaille toutes les nuits jusqu’à trois ou quatre heures du matin et jusqu’à midi, une heure, elle est comme une somnambule puis elle commence à s’éveiller et rit des calembours de Dumas qu’elle ne comprend qu’après tout le monde. Il est impossible d’être meilleure femme et meilleur garçon à la fois. J’ai vu le théâtre ; il est très bien arrangé et fourni de quatre-vingts décors, mais il a coûté petit à petit une vingtaine de mille francs. Maurice Sand, Lambert, Manceau et d’autres amis y ont travaillé des hivers entiers. Dans ce moment-ci la troupe est dispersée par l’ouverture de la chasse et je ne sais pas si l’on pourra jouer une pièce improvisée . Mais l’on exécutera probablement quelque scène détachée…

Illustrations : Nohant vers 1900, effet d'une ancienne photo dans une boule en verre.

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