01/04/2026
Intervention lors de la prévention du plan départemental du plan de lutte contre l'exploitation des mineurs 2026-2029 :
Nous examinons aujourd’hui un plan départemental très important et qui nous oblige collectivement.
L’exploitation sexuelle des mineur.e.s n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans des logiques de domination, de violence, et de criminalité organisée.
Nous pouvons dire avec clarté qu’une part croissante de cette exploitation est aujourd’hui structurée par des réseaux, souvent liés au narcotrafic. Ces réseaux utilisent les mêmes méthodes : emprise, dette, dépendance, violences, circulation des victimes. Ils transforment les enfants en marchandises.
Dans notre département comme ailleurs, les signaux sont là.
Face à cela, il faut rappeler une évidence politique : la lutte contre ces réseaux, contre le proxénétisme, contre le narcotrafic, relève d’abord de la responsabilité de l’État.
C’est bel et bien à l’État d’assurer la sécurité, de démanteler les filières, de mobiliser les moyens judiciaires, policiers et de renseignement à la hauteur de ce fléau.
Sans plan d'urgence porté par l’État, nous ne parviendrons pas à apporter une réponse durable à ce problème.
D’ailleurs, vous vous souvenez certainement de mes interventions et vœux politique sur le sujet du narcotrafic et de l’insécurité qui en découle.
Or, force est de constater que les moyens ne sont toujours pas à la hauteur !
Les professionnels le disent, les magistrats le constatent, les associations le vivent au quotidien : les dispositifs sont saturés, les réponses parfois trop lentes, et les réseaux continuent de prospérer en exploitant les failles.
Dans ce contexte, notre collectivité se retrouve en première ligne.
Le Département, en tant que chef de file de la protection de l’enfance, agit — et il agit ici, peut-être même au-delà de ce qui devrait être son rôle strict !
Donc, sa mise en place constitue une avancée et un signal fort .
Le signal que nous refusons de laisser ces mineurs sans protection !
Ce plan départemental 2026-2029 va dans le bon sens.
Il repose sur des piliers forts : prévenir, repérer, protéger, accompagner.
C’est pourquoi notre intervention de groupe se veut à la fois de soutien et d’exigence.
Soutien, parce qu’il apporte des réponses concrètes, parce qu’il témoigne de l’engagement du Département et de ses partenaires.
Exigence, parce que nous devons collectivement interpeller l’État.
Exigence de moyens supplémentaires pour la justice et les forces de l’ordre.
Exigence de coordination nationale renforcée.
Exigence d’une stratégie claire contre les liens entre narcotrafic et exploitation des mineurs.
Donc, bien sûr, nous voterons ce plan – et je ne doute pas qu’il le soit à l’unanimité - parce qu’il est nécessaire.
C’est une question de justice.
C’est une question de dignité.
Et c’est, tout simplement, une exigence républicaine.