08/12/2025
🔥 COUP DE GU**LE – Ras-le-bol de la non considération du travail social en libéral
Aujourd’hui, j’ai besoin de pousser un vrai coup de gu**le.
Parce que ça suffit.
Voilà quatre ans que je suis en libéral. Avant ça, j’étais en institution, là où, soi-disant, se trouverait la vraie place de l’éducateur spécialisé.
Et si j’en suis partie, ce n’est pas par caprice.
C’est parce que les conditions de travail y sont devenues intenables : moins de moyens, moins de personnel, moins de reconnaissance… et toujours plus de demandes, plus de souffrance, plus de charge émotionnelle, plus de pression.
Quand on accompagne des enfants, des familles, des adultes en grande difficulté, comment fait-on quand on se retrouve à 15 dans une salle, sans matériel, sans temps, sans possibilité d’innover ? Quand on nous demande de “tenir”, mais jamais de “faire du bon travail” ? Quand on nous interdit parfois de travailler avec les familles, alors que l’accompagnement ne fonctionne que si tout le monde avance ensemble ?
Ce n’est pas pour ça qu’on devient éducateur spécialisé. Ce n’est pas pour être une nounou (métier que je respecte mais qui n'est pas le mien), ce n’est pas pour “gérer”, ce n’est pas pour colmater des brèches sans outils.
Je me suis installée en libéral pour retrouver mes valeurs, mon éthique, la qualité d’accompagnement que je voulais offrir. Pas pour “faire payer les gens”.
Cela dit, il me semble que tout travail mérite salaire.
Si nous, professionnels du libéral, sommes de plus en plus nombreux, c’est bien parce que le service public et les institutions qui en dépendent n’ont plus les moyens de répondre aux besoins. Ce n’est pas moi qui le dis : ce sont les listes d’attente de deux ans pour certains services et institutions, les équipes incomplètes faute d’orthophonistes, de psychomotriciens, de psychiatres, les fermetures de structures.
Alors quand j’entends que “le travail social n’a rien à faire en libéral”, que nous “marchandisons la détresse”…
Franchement : où est l’indécence ?
– Chez les professionnels qui se battent pour offrir un accompagnement digne, ajusté, humain ?
– Ou dans un système qui laisse des familles démunies, seules, sans solution, pendant des mois ou des années ?
Parce que la vraie question est là :
Si nous ne sommes pas là, on fait comment ?
On laisse les gens se débrouiller seuls ?
On ferme les yeux sur les difficultés faute de places ?
On dit aux parents : “Désolé, attendez encore 18 mois” ?
Nous, professionnels en libéral, ne prenons la place de personne.
Nous comblons des vides. Nous répondons à des besoins.
Nous travaillons main dans la main avec les écoles, les familles, les institutions quand c’est possible.
Nous faisons le lien. Nous soutenons. Nous apaisons.
Et la plupart du temps, nous sommes la seule solution disponible, tout simplement.
Alors au lieu de nous pointer du doigt, au lieu de nous accuser de je ne sais quelle dérive, il serait peut-être temps de se demander pourquoi les familles sont obligées de se tourner vers nous.
Et ce que fait, ou ne fait plus, le service public pour répondre à leurs besoins.
Voilà. C’est dit. Et ça fait du bien.