29/05/2026
Pendant que certains se gargarisent sur les réseaux sociaux en prétendant que notre recours devant le Tribunal Administratif n'était qu'un tissu de mensonges, voici la réalité des faits.
Maintenant que la décision est rendue, nous sommes en mesure de tout vous expliquer.
Le tribunal n'a procédé à aucune action corrective sur ces élections. Mais il n'a jamais écrit que nous avions menti. Il a examiné chacun de nos cinq griefs, et sur plusieurs points, il a lui-même constaté la réalité de ce que nous dénoncions, avant d'estimer, pour des raisons juridiques, que les preuves apportées étaient insuffisantes et, à plusieurs reprises, que nous aurions dû répondre publiquement aux attaques au moment où elles se produisaient plutôt que de garder le silence. Nous pensions bien faire en adoptant une posture pacifiste. C'était une erreur que nous assumons.
Voici les faits. Voici les mots du juge. Voici ce qu'ils signifient vraiment.
1. La propagande aux impôts pendant les heures de travail
Nous avons dénoncé le fait que M. Olivier Garcia, contrôleur des impôts, a publié le 20 mars 2026 à 14h51, depuis son lieu de travail, une publication Facebook avec une photographie du centre des impôts de Maubeuge, proposant des permanences fiscales gratuites « assurées par les 2 agents des impôts membres de notre liste », ciblant explicitement les aînés. Cette publication a reçu un commentaire de soutien de son colistier M. Louchaert, également contrôleur des impôts, et un « J'aime » de M. Rosier lui-même, tête de la liste concurrente. Un signalement officiel avait été effectué auprès de la sous-préfecture d'Avesnes-sur-Helpe ce même jour.
Le tribunal dit (Point 4 du jugement) : « Si Mme Dante épouse Wallez soutient que (...) l'intéressé (...) aurait méconnu (...) son obligation de neutralité, son devoir de réserve et l'obligation de consacrer l'intégralité de ses activités professionnelles aux tâches qui lui sont confiées, de tels manquements (...) sont sans incidence sur la régularité des opérations électorales. »
Ce que ça veut dire : Le juge ne dit pas que la publication n'a pas eu lieu. Il dit que le juge électoral n'est pas compétent pour sanctionner des manquements déontologiques d'un fonctionnaire, ce qui relève d'une autre juridiction. M. Garcia a publié ce contenu depuis son lieu de travail, avec la photographie d'un bâtiment public de l'État, en se prévalant de sa qualité d'agent des impôts pour crédibiliser ses promesses électorales. Ces faits sont dans le dossier.
2. M. Garcia à la table d'entrée du bureau de vote le jour du scrutin
Nous avons dénoncé le fait que M. Garcia, en charge du contrôle d'identité à la table d'entrée du bureau de vote n°2, a refusé par trois fois de céder sa place malgré trois demandes officielles, tout en envoyant simultanément des messages téléphoniques à des électeurs identifiés comme n'ayant pas encore voté pour les inciter à se rendre aux urnes. Ces faits sont mentionnés noir sur blanc dans le procès-verbal officiel du bureau de vote, signé par ses six membres.
Le tribunal dit (Point 12 du jugement) : « La mention figurant sur le procès-verbal du bureau n°2 (...) selon laquelle "le matin M. Garcia a tenu la table d'entrée et il a été demandé par trois fois le changement de personne mais trois fois on nous l'a refusé et influencer par téléphone les personnes à venir voter", est peu circonstanciée [et] ne permet pas d'établir que M. Garcia aurait consulté les listes d'émargement afin d'inciter, par téléphone, les électeurs à voter. »
Ce que ça veut dire : L'incident est bel et bien inscrit dans le document officiel de l'élection, le juge lui-même le cite intégralement. Il a simplement estimé que la mention manquait de détails supplémentaires pour conclure à une fraude établie. Le procès-verbal existait. La mention existait. Les faits existaient.
3. Les calomnies via un faux compte Facebook
Nous avons dénoncé la diffusion de fausses accusations portant sur notre probité, publiées depuis un faux profil Facebook (« Lea Tarret »), et délibérément partagées par M. Christian Randa, candidat sur la liste de Mr Garcia.
Le tribunal dit (Point 6 du jugement) : « Une telle publication dépasse clairement les limites de la polémique électorale. »
Ce que ça veut dire : Le juge reconnaît noir sur blanc que ces attaques étaient inacceptables dans un débat démocratique. S'il ne prend pas de mesure corrective sur ce point, c'est parce que l'ampleur de la diffusion n'a pas pu être chiffrée, et parce qu'il estime que nous aurions dû y répondre publiquement avant la fin de la campagne. Nous avons choisi de ne pas descendre à ce niveau. C'était notre façon d'être dignes. Le tribunal nous a dit que la dignité ne suffit pas.
4. Les interventions de M. Rosier pendant le silence électoral
Nous avons dénoncé deux interventions publiques de M. Ghislain Rosier, maire sortant et tête de liste, le 21 mars 2026, soit en pleine période de silence électoral. À 16h06, il commentait une publication en incitant les électeurs à voter. À 16h59, il commentait une publication de M. Garcia par le mot « GAGNON », exprimant publiquement sa convergence avec la liste adverse contre notre liste.
Le tribunal dit (Point 8 du jugement) : « Ces commentaires, qui se bornaient tout au plus à appeler les électeurs sans consigne de vote à se déplacer, ne peuvent être regardés comme une action de propagande électorale. »
Ce que ça veut dire : Le tribunal a requalifié ces deux publications en simples « appels à se déplacer ». Il n'a pas dit qu'elles n'avaient pas existé.
5. L'agression du jour du vote
Nous avons dénoncé le comportement de Mme Jessica Huart, assesseure en fonction au bureau de vote n°1, qui a délibérément quitté son poste le jour du premier tour pour agresser verbalement une électrice à la sortie du bureau, en lui tenant notamment ces propos : « Bouge de là, sinon je t'en mets une. » Une main courante a été déposée. Mme Huart a été relevée de ses fonctions pour le second tour par le maire lui-même, ce qui constitue une reconnaissance implicite de la gravité des faits.
Le tribunal dit (Point 14 du jugement) : « Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations produites ainsi que des déclarations de mains courantes réalisées par les intéressées, qu'une altercation est survenue (...) Pour regrettable que soit, cette altercation intervenue à l'extérieure du bureau de vote et alors que [l'électrice] avait déjà voté, est sans incidence sur le bon déroulement du scrutin. »
Ce que ça veut dire : Le juge confirme, preuves à l'appui, que l'agression a bien eu lieu et la qualifie lui-même de regrettable. S'il ne prend pas de mesure corrective, c'est parce que l'électrice avait déjà voté avant l'incident.
6. La tentative de nous déclarer inéligibles
En représailles à notre recours, Mme Jessica Huart a demandé au tribunal de nous déclarer inéligibles, nous et plusieurs de nos colistières.
Le tribunal dit (Point 18 du jugement, Article 1 de la décision) : « Les conclusions (...) tendant au prononcé de l'inéligibilité de Mesdames Wallez, Lesueur, Devrenne et Loire (...) sont irrecevables et doivent être rejetées. »
Ce que ça veut dire : Cette tentative d'intimidation judiciaire a été purement et simplement balayée par le tribunal.
Nous prenons acte de cette décision de justice. Nous la respectons et nous nous y soumettons pleinement.
Nous en tirons une leçon simple, et nous préférons l'assumer publiquement : nous aurions dû nommer les faits au moment où ils se produisaient, répondre aux attaques plutôt que de garder le silence, et ne pas adopter une posture plus pacifiste que nos adversaires, qui eux ne s'en sont pas privés.
Nous avons beaucoup appris de cette expérience, notamment sur le sens moral des personnes en règle générale.
J'en retire personnellement beaucoup de déception, mais maintenant que le tribunal a rendu son jugement, auquel je m'en remets entièrement, tout ceci est derrière moi.
En politique, la retenue ne protège pas de la brutalité, et le silence ne répond jamais aux calomnies.
Puissent les Rechigniennes et Rechigniens ne pas regretter leurs votes. Nous verrons bien dans quelques années.
Linda WALLEZ et l'équipe Recquignies-Rocq unis pour construire l'avenir.