09/04/2019
" Cette initiative franco-allemande a été très critiquée en France et en Europe. Notamment par l’extrême droite qui y a vu, dans la foulée de la signature du fameux traité d’Aix-la-Chapelle, une soumission de la France à l’Allemagne, comme si la France allait céder son siège de membre permanent. Mais aussi par l’extrême gauche qui accuse le gouvernement de vouloir européaniser de plus en plus le siège français.
La France a beau rétorquer qu’il est absurde d’envisager un retrait de la France au profit de l’Allemagne, son argument en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité pour y faire une place de membre permanent à l’Allemagne est à peine audible. Il faut dire que la chancelière Merkel n’a pas été très aidante dans cette pédagogie puisqu’elle a soutenu cette semaine le programme de son parti, la CDU, qui plaide, non pas en faveur d’un siège allemand, ni français, ni franco-allemand, mais [⚠️] d’un SEUL ET UNIQUE SIÈGE EUROPÉEN [⚠️] au Conseil de sécurité.
Tout cela peut paraître un peu vain lorsqu’on sait que cette réforme du Conseil risque de ne jamais voir le jour. C’est un vieux serpent de mer depuis la chute du mur de Berlin et la mise en place d’un nouvel ordre international. Sauf que ce dernier a lui-même été bousculé depuis par le 11-Septembre, les retours de puissance des grands émergents, et la résurgence du nationalisme."
François Clemenceau, Le Journal du Dimanche, 6 avril 2019
GRAND ANGLE DIPLO - L’Allemagne est depuis lundi à la tête du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle succède à la France qui vient de lui passer le relais dans une rare tentative de "jumeler" leurs présidences. Est-ce prometteur? Au micro d’Europe1, comme chaque samedi mati...