19/06/2026
En France, le maire possède des compétences très claires et importantes en cas de canicule dans les écoles maternelles et élémentaires.
Son action se sépare en deux temps : l'urgence face à la crise et les aménagements de fond, puisque la mairie est juridiquement propriétaire et responsable des bâtiments scolaires du premier degré.
Voici ce qu'un maire peut réellement et concrètement faire :
1. Les mesures d'urgence et la fermeture des écoles
Contrairement à une idée reçue, le maire a le pouvoir légal d'agir directement sur l'ouverture des classes si la santé des enfants est menacée.
Décider de la fermeture temporaire de l'école : En vertu de ses pouvoirs de police administrative, le maire peut prendre un arrêté municipal pour fermer temporairement une école (ou certaines classes particulièrement exposées) si les températures intérieures mettent en danger les enfants et le personnel.
La règle de la concertation : Selon les textes officiels (notamment la circulaire du 27 mai 2026), cette décision doit idéalement résulter d'un dialogue d'urgence entre le maire, le préfet et les autorités académiques (le DASEN ou l'inspecteur).
Cependant, si l'urgence l'exige et qu'aucune solution de repli n'est possible, le maire peut trancher.
Modifier les horaires de l'école : En accord avec le directeur ou la directrice d'école et l'inspection, la mairie peut modifier temporairement les horaires (par exemple, faire classe uniquement le matin lorsque l'air est encore respirable).
2. La gestion matérielle immédiate dans les classes
Puisque la commune a la charge des écoles publiques, c'est à la mairie de fournir les équipements de secours nécessaires pendant l'épisode de chaleur :
Fourniture de matériel de rafraîchissement : Distribuer des ventilateurs, installer des brumisateurs dans les cours de récréation, ou déployer des climatiseurs mobiles loués ou achetés en urgence (prioritairement dans les dortoirs des maternelles où les petits doivent faire la sieste).
Approvisionnement en eau : Livrer des packs d'eau en quantité suffisante pour les élèves et le personnel, et s'assurer que les points d'eau et fontaines de l'école fonctionnent parfaitement.
Aménagements thermiques de fortune : Poser des films solaires occultants sur les vitres ou installer des stores extérieurs temporaires pour bloquer le rayonnement direct du soleil sur les façades exposées au sud.
3. Le périscolaire, la cantine et le centre de loisirs
Le temps scolaire dépend de l'Éducation nationale, mais le périscolaire (garderie, cantine) dépend directement de la mairie.
Sur ces créneaux, le maire a les pleins pouvoirs :
Adapter les menus de la cantine : Demander au personnel de cuisine ou au prestataire de servir des repas froids, hydratants (fruits, crudités) et moins riches, tout en veillant scrupuleusement à la chaîne du froid.
Aménager le périscolaire : Annuler les activités physiques intenses dans la cour l'après-midi, déplacer les enfants vers les pièces les plus fraîches du bâtiment (le rez-de-chaussée ou la bibliothèque si elle est mieux isolée) et privilégier des activités calmes ou des jeux d'eau.
4. L'anticipation et les travaux de fond (Le long terme)
Au-delà de la gestion de crise, les mairies sont de plus en plus interpellées lors des conseils d'école pour adapter durablement les bâtiments au changement climatique :
La rénovation thermique : Isoler les toits et les combles des écoles (notamment pour les classes situées au dernier étage), installer des volets roulants ou des brise-soleil orientables.
La végétalisation des cours ("Cours Oasis") : Remplacer le bitume ou l'asphalte (qui stockent massivement la chaleur et créent des îlots de chaleur urbains) par de la pelouse, des arbres ombragés, des sols perméables et des zones potagères.
En résumé : Si le thermomètre explose dans les classes (dépassant parfois 33 à 35 °C à l'intérieur), le maire ne peut pas simplement dire que "c'est du ressort de l'État". Il est responsable des murs et de la sécurité physique des enfants ; il a le pouvoir d'équiper les salles en urgence et, si la situation est tenable, de signer un arrêté de fermeture en concertation avec la préfecture.