31/08/2025
Gaz hilarant
Nice renforce sa lutte contre le protoxyde d’azote et appelle l’État à légiférer
Face à la banalisation inquiétante du protoxyde d’azote, la Ville multiplie les initiatives pour protéger les habitants et demande une législation nationale plus stricte. Un arrêté municipal interdit depuis l’été la consommation, la détention, le dépôt et l’abandon sur la voie publique, mais les agents constatent toujours une présence importante de cartouches et de bouteilles dans l’espace public, source de pollution et de risques.
À partir du 1er octobre 2025, la vente sera interdite à toute personne majeure, la vente aux mineurs restant interdite, sauf si l’acheteur peut démontrer qu’il est professionnel du commerce. Cette mesure vise à couper les circuits d’approvisionnement et à limiter les usages détournés.
« L’Etat doit rapidement intervenir pour durcir et clarifier les sanctions »
Christian Estrosi, maire de Nice, rappelle que les collectivités locales doivent agir faute de cadre législatif national: campagnes de sensibilisation, contrôles renforcés, coopération avec les commerçants, mobilisation des services de propreté et de la police municipale. L’objectif est de protéger les jeunes et de préserver l’espace public, mais l’État doit rapidement intervenir pour durcir et clarifier les sanctions.
Nice souligne la nécessité d’une action coordonnée et durable au niveau national pour éviter que les efforts locaux restent insuffisants. En attendant une loi, la ville poursuit ses actions sur le terrain : information ciblée, contrôles renforcés et fermetures administratives lorsque nécessaire.
Pierre Buisson, directeur de la cellule d’intervention mutualisée de la police municipale de Nice
« Ces trafics affectent la tranquillité des quartiers »
Quel est le problème principal lié au protoxyde d'azote ?
Pierre Buisson : Le protoxyde d’azote est une problématique récente qui s’accentue. À l’origine, ces bouteilles servent à des usages culinaires (citron ou chantilly). Aujourd’hui, on observe des bonbonnes destinées à la préparation culinaire détournées à des usages ludiques et dangereux, issues de réseaux parallèles.
Comment ces produits détournés circulent-ils et qui les achète ?
Ils sont achetés sous le manteau, sans facturation, et alimentent des réseaux criminels. On les retrouve au bout de la chaîne dans des épiceries de quartier, prisées par les noctambules; ces achats génèrent des nuisances importantes pour les quartiers.
Quelles nuisances ces ventes peuvent-elles provoquer dans les quartiers ?
La nuit, un flot de personnes fréquente ces points de vente dans des états altérés, ce qui empêche le quartier de dormir et altère gravement sa tranquillité.
Quels risques cela fait-il peser sur la santé publique ?
Ces produits présentent des risques importants: après des semaines ou des mois d’utilisation, certains peuvent provoquer une paralysie partielle ou totale des jambes. Il peut aussi y avoir des accidents de la route, car ce sont des substances à effet psychotrope. Conduire sous leur emprise équivaut à conduire sous l’emprise de stupéfiants.
Quelles actions mènent les autorités à Nice ?
Nice bénéficie d’une politique relativement répressive. Au cours de l’année écoulée, notre cellule d’intervention mutualisée a réalisé d’importantes saisies de protoxyde d’azote, tant dans des commerces qu’à la sauvette. Ces actions s’accompagnent de fermetures administratives ciblées et d’un renforcement du contrôle du territoire pour limiter ce fléau.