11/05/2026
La Redadeg, c'est aussi notre combat
Ce 10 mai 2026 des milliers de Bretonnes et de Bretons courent. Certains ont couru la nuit. Ils portent un témoin et, avec lui, quelque chose de plus grand : une langue, une fierté, une envie que la Bretagne vive pleinement.
Nous sommes là parmi eux, et nous sommes heureux d'y être.
Ce que dit la Redadeg, nous le disons aussi.
Elle dit que le breton n'est pas une curiosité du passé. Qu'il est vivant, qu'il se transmet, qu'il grandit dans les écoles, dans les familles, dans les chansons et maintenant sur les routes de toute la Bretagne. Elle dit que notre langue mérite mieux que la tolérance — elle mérite des moyens, de la reconnaissance, un vrai avenir.
C'est exactement ce pour quoi l'UDB se bat depuis des décennies.
Mais la culture seule ne suffit pas.
Les associations, les bénévoles, les enseignants de Diwan, les organisateurs de la Redadeg font un travail formidable. Ils ont réussi à rendre le breton vivant et attractif, souvent avec trois fois rien. Pourtant, ils butent chaque année sur les mêmes obstacles : des financements incertains, des décisions prises à Paris sans consulter personne ici, une administration qui ne reconnaît pas pleinement la langue dans l'espace public.
Ce n'est pas un problème de volonté. C'est un problème de pouvoir.
Une Bretagne qui décide pour elle-même pourrait choisir que le breton s'enseigne partout, que les panneaux soient bilingues, que les services publics fonctionnent dans les deux langues. Ce n'est pas utopique — nos voisins gallois, basques ou catalans l'ont fait. Nous pouvons le faire aussi.
Coureurs et militants, le même chemin.
Il n'y a pas d'un côté les gens de la culture — sympathiques, festifs, apolitiques — et de l'autre les militants politiques — sérieux, compliqués, clivants. Il y a des Bretonnes et des Bretons qui veulent la même chose : que leur langue vive, que leur territoire soit respecté, que les décisions qui les concernent soient prises ici.
La Redadeg le fait à sa manière, magnifique et populaire. L'UDB le fait à la sienne. Et c'est quand ces deux forces avancent ensemble qu'elles sont les plus fortes.
Alors aujourd'hui, on court.
On court parce qu'on aime cette langue. On court parce qu'on croit en cette Bretagne-là, ouverte et fière, qui ne demande pas la permission d'exister. Et on court parce que chaque kilomètre parcouru ce week-end est un argument de plus pour une Bretagne qui aurait enfin les moyens de ses ambitions.
Kenavo da redek ! À vous de courir !