03/10/2022
Suite à cet article paru dans le journal La Montagne du 2 octobre 2022, nous partageons l’inquiétude et l’amertume de Daniel Dugléry quant à la situation de Montluçon et de son bassin de vie.
A notre sens, l’analyse de Daniel Dugléry comporte cependant une erreur d’appréciation qui réside dans la conception que M. Dugléry a de la métropolisation qu’il juge débridée. Si la métropolisation nécessite une adaptation des villes moyennes, on ne peut rendre ce processus seul responsable des difficultés de Montluçon et de sa région. Il s’agit ici d’un point de désaccord important. Nous jugeons que la métropolisation est une chance pour les villes moyennes comme Montluçon à condition d’avoir une vision conquérante de la gestion municipale pour saisir les opportunités qu’offre aux villes moyennes le processus de métropolisation.
Montluçon, par sa position de confins entre les régions AuRA, Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire est idéalement positionnée pour intégrer le réseau des villes moyennes sur lequel toute métropole s’appuie. Or, il faut identifier la métropole que nous devons soutenir et aujourd’hui, nous devons avoir le regard porté vers notre capitale régionale, Lyon, plus que vers Paris ou Clermont-Ferrand sans commettre l’erreur de les ignorer. Pour intégrer et peser sur ce réseau de villes moyennes, il faut cependant se doter des moyens nécessaires pour capter les flux qui traversent ce territoire de confins.
Le premier moyen est de donner à notre ville une visibilité grâce à un projet de territoire structurant. Montluçon est une ville industrielle qui doit affirmer son identité industrielle et innovante grâce à la création d’une cité de l’innovation industrielle, espace dédié à la fois à la mutualisation des moyens pour les entreprises, à l’accueil de bureaux d’études, mais aussi dédié à l’orientation et à la formation professionnelle sur le modèle d’un campus connecté tout en offrant un espace ludique et récréatif pour faire découvrir et réhabiliter le passé industriel de la ville. A une époque où les défis environnementaux et le développement durable sont devenus nos priorités, Montluçon a une carte à jouer en promouvant l’innovation industrielle pour aider les entrepreneurs locaux à faire émerger un district industriel tourné vers l’avenir.
La second moyen passe par la co-construction d’une agglomération forte étendue à l’ensemble du bassin montluçonnais d’ici les 20 prochaines années. Il ne s’agit pas de vouloir vider les campagnes au profit de la ville centre mais bien de créer une collaboration forte entre l’ensemble des communes, en respectant leur identité mais aussi en densifiant l’habitat pour répondre aux impératifs écologiques. Le développement du télétravail, mais aussi d’une agriculture de proximité offrent des possibilités pour redéployer des emplois sur notre territoire en permettant au plus grand nombre de travailler près de chez lui.
La troisième moyen viendra du développement d’une smart city en utilisant les technologies numériques de manière concrète pour améliorer les transports, rendre la ville moins gourmande en énergie, pour mieux gérer les usages de l’eau et rendre la ville plus attractive. La digitalisation offre des possibilités de développement urbain qui ne sont pas suffisamment explorées. C’est par le digital et le numérique que nous trouverons des leviers de développement et que nous offrirons à une population qui prend de l’âge, mais surtout gagne en sagesse, des services adaptés à ses nouveaux besoins. C’est également par le développement urbain, par la modernisation de la ville que nous rendrons nos territoires attractifs pour les professions qui nous font cruellement défaut et en premier lieu les professions médicales et enseignantes. Les technologies numériques nous permettront d’arpenter le chemin de la sobriété en renouvelant le lien social qui s’est délité progressivement depuis une trentaine d’années.
Nous partageons en revanche, l’idée de Daniel Dugléry selon laquelle les élus locaux doivent se rassembler pour défendre les atouts de notre territoire et le développer. Nous ne pouvons nous résoudre à voir l’extrémisme politique être l’unique alternative offerte à nos concitoyens face à leurs difficultés.
Progressistes, nous sommes partisans depuis de nombreuses années d’une union de tous les démocrates montluçonnais pour mener à nouveau une politique conquérante orientée vers le développement de projets structurants, utiles à la population, pourvoyeurs d’emplois et sobres en énergie. L’époque n’est plus aux projets pharaoniques et aux annonces grandiloquentes mais à l’humilité et à la sobriété. Face à l’extrémisme politique et sa vision destructrice de la société, les démocrates doivent proposer comme alternative le développement d’ une ville sobre, innovante et fraternelle. Les démocrates et les républicains n’ont d’autre choix que de s’unir autour d’un projet politique et de développement où chacun doit apporter sa vision. L’intérêt du territoire doit être placé au dessus des querelles de pouvoir locales sauf à vouloir livrer le bassin Montluçonnais à l’obscurantisme politique.
C’est bien en agissant pour tout le monde et avec tout le monde que nous relèverons les défis qui se présentent devant nous dans les vingt prochaines années.