OCB, Office Central des bibliothèques

OCB, Office Central des bibliothèques Association sans but lucratif et ouverte à tous, l’Office Central des Bibliothèques (O.C.B) propose un vaste choix de livres pour adultes et jeunes.

L’O.C.B est présent dans 10 arrondissements de Marseille ainsi que dans les établissements hospitaliers.

Notre prochain café littéraire aura lieu le 19 mai à 14h30 à la librairie Maupetit. Venez nombreux.
07/05/2026

Notre prochain café littéraire aura lieu le 19 mai à 14h30 à la librairie Maupetit. Venez nombreux.

05/05/2026

CERCLE DE LECTURE DU MARDI 05 MAI 2026

BORDENAVE, Laurane- « DONUT GIRL » Ed les ESCALES. 04/26. 211 p.
Connaissez-vous l’impressionnant cimetière américain de COLLEVILLE près d’OMAHA BEACH en Normandie ? Là sont enterrés 8.000 soldats morts lors du débarquement de Juin 1944. L’auteur en le visitant trouve en se renseignant, le nom de 4 femmes infirmières. Immédiatement, après beaucoup de renseignements, elle apprend que celles-ci, américaines, furent envoyées à Londres pour soutenir le moral des troupes américaines. L’une d’elles, Jane, fait l’objet de ce roman. Avec ses consoeurs, elles se mettent à confectionner des « donuts », ces beignets bien gras, qui font le régal des soldats ! En pleine guerre, au coeur d’un Londre ravagé par les bombardements, Jane tissera des liens d’amitié et connaîtra le grand amour jusqu’en France ! Sera apprécié par toutes les lectrices !

CASSANO Erica « LA GRANDE SOIF » Nicole Delfino. Lattes. Langue italienne Avril 26.
Naples 1943 le bombardement de l’aqueduc prive le quartier d’eau sauf dans la famille d’Anne. Lors du débarquement des Américains la jeune fille surmontant ses craintes et ses préjugés, accepte un travail de secrétaire dans la base pour faire vivre sa famille. Un soldat tombe amoureux d’elle, elle hésite entre un horizon américain et son enracinement dans la ville de Naples.

CARLIER Stéphane « Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde », Le Tripode, 4/26, 168 p.
Livre léger autour de la question d’identité. L’actrice blonde icône du cinéma français un jour n’est plus reconnue par sa femme de ménage ni les passants, ni son agente ni sa propre fille – bienvenue galères ! Heureusement c’est une femme de ressources qui affronte courageusement tous les pièges de la vie anonyme qu’elle vient de découvrir pour la première fois. L’auteur gère brillamment son jeu entre deux personnes qui prennent l’apparence l’une de l’autre, et le lecteur s’amuse car c’est drôle et intelligent.

DAENINCKX Didier- « LES MAISONS PARACHUTEES ». Ed Gallimard 03/26. 236p.
En 1952, à Nevers, l’Inspecteur ORBEC est chargé d’une enquête qui concerne trois cadavres retrouvés dans un chantier de reconstruction. ORBEC est fils d’un policier injustement abattu par la Résistance, accusé d’être un « collabo ». Son enquête le mène jusqu’à un camp d’extermination. Là trois hommes, faussaires de talent, fabriquaient de faux billets américains et anglais. La suite de l’histoire est si compliquée que je n’ai pu décemment suivre le fil de ce roman par ailleurs semblant très documenté sur des opérations sur de pseudos résistants ramassant des fortunes leur permettant de bâtir des maisons parachutées.

DEL ARBOL Victor « Le temps des bêtes féroces », trad. de l'espagnol par Alexandra Carrasco, Actes Sud, 03/26, 394 p.
Mai 2008, sur l'île volcanique de Lanzarote aux Canaries, une jeune fille VESNA pé**le allégrement pour rentrer chez elle après sa journée de travail à l'hôtel, lorsque brusquement une voiture arrive à très vive allure, tous feux éteints et la percute violemment. Elle chute au fond d'un ravin où elle est laissée pour morte. Le chauffard ne se préoccupe pas d'elle, mais vole son sac et fuit. Une enquête de police est diligentée et c'est le sous-inspecteur Soria exilé sur cette île suite à une vilaine affaire à Barcelone, qui en est chargé. Il veut la vérité. Au fur et à mesure de ses investigations et après avoir découvert le vrai nom de Vesna, Soria relie cet accident à des faits qui se sont déroulés il y a longtemps en Bosnie. L'appartement de Vesna a d'ailleurs été bizarrement cambriolé... Qui cherche quoi ??? Parallèlement à ces faits arrivés à Lanzarote, un narrateur anonyme prend la parole. Il se cache à Cubagua, une île au Vénézuela où il se croit à l'abri de son passé mais il est trahi et doit payer sa dette. L'enquête va dévoiler des liens avec de nombreux pays – Mexique, Texas et la Bosnie – et de nombreux antagonistes, tous plus dangereux les uns que les autres. Comme à son habitude, Victor del Arbol aborde ici l'extrême violence et le cynisme de certains humains qui du fait de leur puissance, leurs désirs inavoués, leur corruption, leur richesse, leur arrogance se croient au-dessus des lois et autorisés à satisfaire toutes leurs envies. Ce roman est le 2e opus d'une trilogie dont le 1er est « Personne sur cette terre » (à lire de préférence avant celui-ci pour la compréhension des personnages).

DIEUDONNE Adeline « DANS LA JUNGLE » Ed l’ICONOCLASTE. 0/26- 430 p.
Une jolie villa dans le Brabant wallon, l’été à la mer, l’hiver le ski, 2enfants, Amélie et Arnaud se sont construit une vie très agréable. Leur famille respective très affectueuse, des amis en pagaille, tout devrait être parfait. Oui mais voilà Arnaud est jaloux, maladivement, insidieusement d’abord. Mais la violence va enflammer leur relation, et amener le récit final que je vous laisse le soin de découvrir. Un roman qui dit des choses vraies sur les mécanismes de l’emprise, de la domination d’un être sur un autre. Un peu de longueurs peut-être, et aussi quelques passages érotiques très à la mode ! Un auteur sachant parfaitement dérouler son récit.

DJAVAHERY Javad « L’AYATOLLAH QUI AIMAIT SA FEMME PLUS QUE DIEU » Gallimard Mars 26, 417 p.
Au cours d’une discussion chaque membre de la famille évoque comment l’aïeule Da, fantasque et surdouée, sema le doute dans la foi de leur grand-père, ayatollah très pieux, jusqu’à s’en faire préférer à Dieu lui-même dans le secret de son coeur. Un récit où de nombreux destins individuels sont enchâssés dans l’histoire troublée du Moyen Orient au XX° siècle.

DJIAN Philippe « Dolores », Éditions Julliard, 10/25, 217 p.
Ce roman s’articule autour des « ravages d'une passion contrariée, d'un amour impossible ». Après le su***de de son père agriculteur, Greg, bientôt la trentaine, vit chez sa mère et passe son temps travaillant à la supérette et avec Dolores, qui semble apprécier sa compagnie. Or, autour de Dolores traîne toujours son ex, le prétentieux Marc-André. C’est un roman sur tous les rapports imaginables – rapports familiaux, amoureux et entre amis – qui au final pose la question qui est de savoir si Dolores aura les moyens de « s'affranchir de toutes les règles de la bonne société ». Car, tombée enceinte, on l‘oblige à épouser Marc-André... L’auteur a de l’esprit, et cela sauve l’ensemble. Mais cela reste un peu (beaucoup ?) lassant, toutes ces histoires de sentiments quand les personnages eux-mêmes ne sont pas sûrs de leurs propres sentiments…

DUGAIN Marc « Submersion » A. Michel, 3/2026, 271p.
J’éprouve une forme de fascination-répulsion pour le pouvoir et ceux qui l’exercent. Le rôle d’un chef d’Etat consiste à savoir où fixer la limite entre ce qui est acceptable ou pas pour préserver la démocratie » Très intéressante réflexion.

GESTERN Hélène « ATELIER 4 » Ed GRASSET. 02/26. 280 p.
Quand on annonce à Irène, la narratrice, Médecin généraliste à Fontainebleau, qu’on a retrouvé le corps sans vie de sa soeur adorée, Natacha, dans une cuve de papier où elle était chimiste, elle se refuse d’abord à le croire. Comment, en pleine nuit, se serait-elle aventurée dans cette zone sécurisée ? Décès accidentel ? Su***de ? La reconnaissance d’un accident du travail est-elle une façon de ne pas rechercher d’autres responsabilités. Natacha ne semblait pas dépressive mais avait-elle de bons rapports avec toute sa société, qui semble évasive dès qu’Irène s’acharne à trouver la vérité ? Vous ne le saurez que distillée par bribes à la fin d’un ouvrage brillant, que l’auteur mène d’une façon lente et sûre. Bravo à l’auteur.
MANOOK Ian « Minjung » Édition Flammarion. 477 p.
Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, est journaliste, écrivain. Il a 2 autres pseudonymes dont Roy Braverman. Ses premiers romans policiers formant une trilogie avec son héros Yeruldegger nous fait découvrir le monde de la Mongolie. Avec "l’oiseau bleu d’Erzeroum" il nous emmène dans le drame du génocide arménien. Son roman "Heimaey" se déroule en Islande, "Mato Grosso » au Brésil. Minjung nous fait découvrir l’immonde système mafieux de la Corée du Sud, pays du Matin Calme. 140.000 enfants coréens ont été vendus pour être adoptés entre 1955 et 1999. Avec l’aide de son héros, Gangnam, ancien minjung, Ian Manook décortique, comme un médecin légiste, le mille-feuilles de ces horreurs, abominables "restes" de l’époque de la dictature qui a suivi la fin de la guerre entre les 2 Corée. Un tout petit peu de poésie dans ce livre qui ne donne pas du tout envie d'aller vivre à Séoul.

MEURICE Guillaume « S’entendre » Les Arènes, mars 2026, 290 p. Roxane a 20 ans. Elle cultive un dialogue intérieur avec sa solitude, vit en marge de la société, partage plus de non-dits que d'intimité avec son père, et garde une blessure ouverte depuis la mort de sa mère, biologiste marine, victime d’un accident de plongée alors qu'elle-même n’avait que 4 ans. Passionnée par un événement inattendu autant qu’incompréhensible - un groupe d’orques présumées « tueuses » attaque des bateaux au large de l’Espagne, elle se rend sur place avec ses dernières économies. Commence alors pour Roxane un parcours douloureux autant que libérateur, où se mêlent quête existentielle et enquête criminelle. Cette aventure la réveillera à la vie, à la parole et peut-être même à l’amour. Guillaume Meurice, humoriste souvent controversé et écologiste dans l'âme, signe ici un opus accusateur dans l’air du temps : mépris et méconnaissance du monde sauvage, incommunicabilité entre les êtres, responsabilité des médias… L’espoir d'un monde meilleur est sans doute entre les mains d’une jeune génération rebelle aux évidences, mais à l’écoute du langage de la nature. Un très beau titre, un beau sujet (et une belle couverture) pour ce roman à la lecture aisée, malgré quelques incohérences narratives et une héroïne perpétuellement au bord de l'effondrement. Il reste néanmoins une source de questionnement touchante qui devrait interpeller particulièrement les jeunes adultes.

PONTE Carène « IL FAUDRAIT LEUR DIRE » Editions du fleuve, Avril 26.
En 1995, à peine bacheliers ils se sont promis de se retrouver tous les cinq ans. 2025 : qu’est-ce que la vie a fait d’eux ? ont-ils réalisé leurs rêves ? leur amitié est-elle restée entière ?

RAHIMI Atiq « Kabuliwalla, c’est moi » P.O.L, 3/2026, 211p.
Rhawat, le héros de Kabuliwalla, c’est moi », nous dit l’auteur. Il a fui l’Afghanistan, où il a perdu sa fille de 2 ans et sa femme devenue f***e. Il part pour Calcutta à la recherche de son enfant, dans cette ville qui voir revenir les morts. Il deviendra un humble marchant de fruits secs, au milieu des plus démunis. Etrange conte lumineux et mystérieux à la fois.

READ Shelley « Va où la rivière te porte », trad. de l'anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud, Robert Laffont, 3/24, 361 p.
Nous sommes au Colorado en 1948 : à 17 ans, Victoria croise dans la rue un inconnu et tombe amoureuse. Le problème, c’est l’intolérance de ses concitoyens envers Wil car c’est un Indien. Dans son premier roman l’auteure décrit très bien la campagne, les conditions de vie dans une petite ville de province américaine. Elle se concentre sur la famille de Victoria, les Nash qui sont fiers propriétaires d’une plantation de pêchers. C’est aussi bien un roman sur la communion avec la nature qu’un roman d’apprentissage. Nous suivons Victoria et toutes les épreuves de sa vie. Elle nous apprend une certaine lenteur et surtout la sagesse. « Les jours passant, je me construisais une vie choisie, et c'était une vie agréable. Je savais ce qu'il y manquait, mais ça ne m'empêchait pas d'apprécier ce que j'avais.

RODOREDA Mercè « Rue des Camélias » Ed. Zulma, 2026, traduit du catalan par Edmond Raillard, 253p.
La nuit où elle a été abandonnée bébé, devant la grille d’une modeste maison de Barcelone, le cactus a fleuri. Sur un papier accroché à ses vêtements, un prénom maladroitement écrit : Cecilia. Destin d’une femme marquée par une insondable solitude, qui tentera de se faire une place dans la société et deviendra la proie d’hommes vénaux qui profiteront abondement d’elle. Douloureux destin.

RUFIN Jean-Christophe « La folie Sainte Hélène » (les aventures d'Aurel le consul). Calmann Levy. 255p.
Nous retrouvons, pour la septième fois ce personnage assez extravagant du consul Aurel Timescu, dans une aventure tout aussi extravagante qui se déroule dans cette ile minuscule, au large de l'Afrique du Sud, possession britannique assez hostile mais rendue célèbre par...Napoléon. Les sites où a vécu Napoléon sont des enclaves françaises, administrées par un consul. Or ce consul Hubert Bouise, a disparu ! Aurel est envoyé en urgence pour le remplacer et tâcher de le retrouver. il sera aidé par une jeune secrétaire, très dévouée à Hubert et sachant très bien faire parler l’ordinateur. L'ile est envahie par une faune d'aventuriers divers et variés, depuis les reconstitueurs, qui vivent comme des officiers de l'Empire -avec leurs grades, leurs uniformes, leurs armes-, des professeurs, une américaine qui essaie de communiquer avec l'au-delà, un russe qui a construit une énorme église, avec un seul fidèle, des collectionneurs, des trafiquants... les relations avec les anglais ne sont pas très chaleureuses, mais correctes...Mais qui pouvait avoir envie d'éliminer Hubert Bouise. ? Lecture agréable, suspense modéré, belles descriptions de la nature, originalité des personnages.

STEFANSSON Jon Kalman. « Corps célestes à la lisière du monde ». Traduit de l’islandais par Eric Boury. Édition Christian Bourgois. Mars 2026. 470 p.
Nous connaissons J.K. Stefansson par « entre ciel et terre », « ton absence n’est que ténèbres » ou « d’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds », tous des chefs-d’oeuvre. Avec son dernier roman, J.K. Stefansson nous emmène dans l’Islande du début du XVIIème siècle. Le révérend Petur, homme tourmenté, écrit une longue lettre à une destinataire mystérieuse. Avec des retours dans le passé, des moments du présent, des réflexions philosophiques, des références bibliques, voire chrétiennes, mais aussi poétiques, nous sommes plongés dans un événement tragique de l’histoire de l’Islande.

STEFANSSON Jon Kalman « Corps célestes à la lisière du monde » Attention chef-d’oeuvre ! Le pasteur Pétur est venu s’installer, en 1609, dans la paroisse de Meyjarholl à Brunjsandur au milieu des fjords islandais. Erudit, il a apporté avec lui ses livres, manuscrits et une énorme réserve de papier. Petur est célibataire. Dorothea sera sa servante. C’est une géante. Elle retient par coeur tout ce qu’on lui dit, se souvient de tout ce qu’elle a entendu, alors qu’elle est analphabète et illettrée. Elle dit à Petur Tu peux te servir des mots pour ralentir la course du temps. C’est d’ailleurs leur raison d’être. La vie est rude dans les fjords. Les enfants meurent jeunes.Le froid est si intense que les chevaux gêlent debout. Les maisons sont faites de tourbe et d’herbe. Les tempêtes sont si violentes que l’une d’elle a emporté l’église en bois avec le bedeau …Pour se réchauffer, les gens riches s’achètent des petits chiens de compagnie qu’ils glissent dans leurs vêtements. Et on peut se baigner dans les eaux chaudes des sources et y faire sa lessive. Il y a des Basques armés, bandits fanatiques. Et des Espagnols venus pêcher la baleine dans les estuaires. On coupe 1 ou 2 doigts comme punition, aux mercenaires qui pillent et violent. Les hommes ont bien du mal à résister à la beauté des femmes au port de tête si majestueux, surtout quand elles ne sont pas leurs épouses…Magnifique épopée.

SUREAU François. « LOIN DE SALONIQUE- Les aventures de Thomas MORE » GALLIMARD, janvier 2026, 150 pages.
1913 dans les BALKANS : le cadavre d’un éminent professeur de droit français est retrouvé dans le caveau d’un notable ; l’épouse d’un comptable est enlevée, puis retrouvée morte dans ce même caveau ; enfin le roi GEORGES de GRECE est assassiné. Quel est le lien qui relie ces meurtres ? C’est ce que Thomas MORE policier français détaché auprès du consul de MONASTIR devra résoudre. Etrange personnage que ce Thomas MORE, sans âge, discret, taiseux, qui se fond dans le paysage, parle plusieurs langues et semble avoir vécu plusieurs vies. Petit roman qui se lit vite, bien documenté historiquement, et c’est son seul point positif, car l’intrigue parfois embrouillée, laisse le lecteur perplexe et sur sa faim.

VAREILLE Marie « NOUS QUI AVONS CONNU SOLANGE » FLAMMARION, mars 2026, 420 pages, Roman 22€ (Monique Mazzucchi). Nous sommes en CORREZE, CELESTINE, vielle dame de 107 ans va nous raconter son histoire, ainsi que celle de SOLANGE, JEANNE et MANON, quatre générations de femmes depuis la naissance de CELESTINE en 1917, jusqu’à MANON de nos jours. Sentant sa fin proche, CELESTINE se confie et avoue avoir tué de sang-froid. Son récit est par ailleurs émaillé de lettres que SOLANGE, recluse dans une école de redressement pour jeunes fille, adresse à une certaine JEANNE. Dès le début du roman MARIE VAREILLE nous tient en haleine et nous dirige vers de fausses pistes : Qui CELESTINE a-t-elle tué ? Qui est SOLANGE, pourquoi est-elle enfermée et pourquoi est-elle morte ? Enfin et qui est JEANNE à qui SOLANGE écrit des lettres passionnées (j’ai pour ma part fait plusieurs fois fausse route) A travers l’histoire de ces femmes, et du destin tragique et émouvant de SOLANGE, nous découvrons combien la vie était dure pour elles et combien il leur était difficile voire impossible d’exister en dehors d’un père ou d’un mari qui pouvait à tout moment les faire enfermer. Dans cette France profonde, une femme n’étudiait pas, ne créait pas, l’amour devait être discret, en aucun cas elle ne devait sortir des limites tracées par un père ou un mari qui d’ailleurs ne reculaient pas devant une bonne correction. J’ai beaucoup aimé ce livre qui tient en haleine du début à la fin.

VERJUS Bruno « La RECETTE » Albin Michel. 261 pages.
Bruno Verjus fut médecin (il n’a jamais pratiqué), entrepreneur en Chine, journaliste culinaire, et enfin, à 54 ans, chef cuisinier. Son restaurant "la Table" à Paris a été élu à la 3éme place des meilleurs restaurants du monde. C’est son 1er roman. Son livre est construit autour d’une quête : retrouver la recette oubliée de la tarte aux pralines roses. Pour cette quête, l’auteur a une héroïne, Miki, chinoise installée à Paris. Très belle écriture, poétique, imagée et en même temps solide et structurée. "La vie bascule souvent sur un simple parfum en bouche". Ce livre est une merveilleuse promenade dans les cultures françaises et chinoises, une fenêtre ouverte sur la beauté, voire le sacré, à travers la cuisine et le bonheur qu’elle procure.

Festival: " Oh les beaux jours ! "Dix ans déjà qu’Oh les beaux jours ! installe, au cœur de Marseille, un espace où la l...
30/04/2026

Festival: " Oh les beaux jours ! "

Dix ans déjà qu’Oh les beaux jours ! installe, au cœur de Marseille, un espace où la littérature se partage à voix haute, circule entre les corps, les lieux, les langues. Dix ans que nous croyons, obstinément, qu’elle peut encore déplacer des lignes. Ce dixième anniversaire est une fête. Une fête joyeuse et collective, célébrée avec plus de 130 auteurs, autrices et artistes, par des voix venues d’ici, de Cuba, d'Argentine et d’ailleurs. Mais cette fête se tient aussi dans un moment de fragilité. Baisse des budgets publics consacrés au livre, recul massif de la lecture chez les Français, secousses dans le monde de l’édition, captation grandissante du travail des auteurs par les technologies d’intelligence artificielle : tout concourt à affaiblir ce que la littérature a de plus précieux : sa lenteur, sa complexité, son art de la nuance.

Nous faisons le choix d’une littérature ouverte sur le monde. Une littérature qui accueille les contradictions, refuse les récits simplistes et fait entendre des voix multiples.

Cette édition en est la preuve. Elle traverse les corps, les désirs, les violences, les failles de notre temps. Elle explore les moments où les cadres cèdent, réinvente les contes et rappelle que l’Histoire s’écrit en nous, dans les silences et les mémoires. Elle fouille les vies secrètes et ouvre des territoires inconnus où il s’agit aussi d’accepter de se perdre.

Pour cet anniversaire, le festival se prolonge dans un livre : Le festival dont vous êtes le héros, que vous découvrirez en mai. Un livre-jeu, écrit par Marie K**k, pour revivre ces dix années, entrer dans les coulisses, comprendre les convictions et les contraintes qui font un événement littéraire aujourd’hui. Une manière joyeuse et lucide de se raconter et de partager ce qui nous anime.
Et puis, il y a la jeunesse. Celle qui lit moins, dit-on, mais qui, dès qu’on lui en donne les moyens, s’empare des textes et les questionne. Celle qui nous oblige à inventer d’autres formes, d’autres manières de transmettre.

Dix ans, donc. Dix ans à croire que la bataille culturelle se joue aussi ici, dans les livres et les mots partagés. Dix ans à défendre une littérature vivante, qui ne cède ni au cynisme ni à la résignation.

Joyeux anniversaire !

https://ohlesbeauxjours.fr/

10/04/2026

Cercle de lecture du mardi 7 avril 2026
Dans ce thriller, Adler Olsen est accompagné de Line Holm et Stine Bolther. Lors d'un pot de bureau au service Santé et solidarité de la ville, une femme, GRY, entend sur un vieux poste téléphonique accidentellement décroché une femme appeler au secours. Elle s'adresse à Carl Mørck, ancien chef au département V, unité de la police danoise qui s'occupe des affaires classées car cet appel l'a profondément perturbée. Le département V fonctionne mal depuis le départ à la retraite de Cark Mørck, d'autant plus qu'une nouvelle arrivante, Héléna, est imposée à l'équipe… bref tout ne va pas pour le mieux. En écoutant la cassette, Carl se rend compte que ce qui avait été classé comme su***de et drame conjugal il y a fort longtemps, est en réalité un meurtre. Carl demande à son ancienne équipe de rouvrir le dossier et au fur et à mesure de l'enquête des faits violents et étranges apparaissent. Ils auraient eu lieu dans une prestigieuse école très connue pour le choeur de jeunes garçons qui y chantaient. Thriller efficace. L'auteur s'attaque ici aux ravages que peuvent causer certains faits violents et humiliants pendant l'enfance ou l'adolescence. Jalousie, orgueil, lâcheté, privilèges, impunité, des sentiments humains somme toute, mais qu'advient-il de celui qui les subit ????

BAKER, James Robert : « Diables blancs », traduit de l’anglais (États-Unis), Editions Toussaint Louverture février 2026 ; 288 p.
1993, Los Angeles. Il y a quelques années, Tom Dunbar était le nouveau prodige de la littérature américaine après avoir écrit un « True crime story » (roman policier non fictionnel) retentissant. Depuis il végète, ses livres pourtant brillants sont des échecs, tout comme le restaurant de Beth sa sublime et vénéneuse épouse. Accablés de dettes ils sont sur le point de perdre leur magnifique villa de Pacific Palisades. Devant le refus du père de Beth, pourtant richissime, de les aider, ils décident après un week-end de trip, d’assassiner le vieux romancier réac, dragueur, ami de Reagan afin d’écrire un nouveau roman policier incroyable. Quel roman !! Une construction parfaite, un rythme haletant, une intrigue machiavélique aux multiples rebondissements, une ville lumineuse et dangereuse à souhait !! Le ton mordant, la narration trépidante pleine de hargne et d’humour nous entraînent dans un maelström de folie, d’aveuglement, de jalousie, de ressentiment. La forme originale, le héros confesse ses crimes sur cassettes à un ami lui aussi écrivain, confère à ce roman noir bo**ré de références
littéraires, cinématographiques, des airs de tragédie. Le récit construit comme une longue descente aux enfers, une chute vertigineuse, alterne moments de lucidité et trips délirants jusqu'à faire vaciller la frontière entre réel et dérive irrationnelle. Outrance, férocité, cynisme marquent ce roman noir, satire au vitriol sur l’argent, les apparences, l’obsession de la réussite. À lire absolument !!!

CLAES Jérémie « Cavillore », Éditions Héloïse d'Ormesson, 2/26, 232 p.

À travers de courts chapitres, l’auteur installe doucement l’atmosphère et les personnages du roman. Nous sommes à Gourdon, ce Nid d’Aigle provençal, avec son paysage de montagne, son château, le bar du village, ses habitants : les commerçants, la famille de fermiers avec sa matriarche qui est une force de la nature, l’idiot du village, l’aubergiste et son fils, le garde-chasse. Mais il y a aussi sa faune presque surnaturelle : le Vautour qui tourne dans le ciel et surveille, la Chienne qui rôde et qui révélera les atrocités humaines venues entacher la montagne sacrée. Résultat : un roman original ! Au style discret mais captivant, entre poésie et roman noir, c’est un livre à part. Son rythme est posé, l’écriture sensible et hautement suggestive.

CORTANZE Gérard de « Savinien de Cyrano, sieur de Bergerac », Albin Michel, 9/25, 432 p.

L’auteur propose un portrait romancé de l’homme cité dans le titre et indirectement du XVIIe siècle. Personnellement, je n’ai pas du tout apprécié son style : l’auteur reste un érudit, ne connaît pas le fluide ni le romanesque ; sa langue imite la plume de Savinien, de sorte qu’il nous sert un style ampoulé, avec phrases entortillées et trop de redondances, avec enchaînement répétitif de synonymes, là où Savinien quand même était inventif, mordant et provocateur. Ce que j’ai appris : « Pour lui, les hommes n'ont pas de visage humain, mais des têtes d'animaux » ! Exemple : lui qui toute sa vie courait derrière Angélique – qui, elle, deviendra une « dévote furieuse » et se fera appeler soeur Hyacinthe – il l’appelait Tourterelle diamant. Surtout, Angélique voudra faire tout pour sauver l’âme de Savinien. Alors que lui est simplement un libre-penseur : mu par l’imagination et son goût des lettres et des sciences ; attiré par le sang, les duels, l'alchimie, l'astrologie, la magie ; il se rend dans les salons des précieuses et sera connu pour ses « écrits impies et blasphématoires » et des « propos irrévérencieux », il contractera la syphilis etc.

DITLEVSEN Tove « La Chambre de Vilhelm » Ed. Globe. Trad. du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen, 3/2026, 248p,

L’auteur, abandonnée par son époux Vilhelm, Lise Mundus (l’auteur ?) autrice à succès de 51 ans, cherche un homme qui pourrait l’aider à supporter sa solitude. Elle rédige une petite annonce qui fait parler d’elle dans les journaux danois. A la fois narratrice et personnage, Tove Ditlevsen se livre avec lucidité et autodérision. Publié un an avant son
su***de en 1976. Elle avait annoncé qu’elle se donnerait la mort après la parution de son livre. L’auteur a été quitté par son époux Vilhelm, grand éditeur de presse, après 22 ans d’un mariage qu’elle qualifie de « rude, impitoyable, enragé et tendre » où chacun a laissé libre cours à ses penchants pour l’agressivité, l’infidélité et les substances addictives. L’auteur a été soignée en hôpital psychiatrique. Un certain Kurt va répondre à l’annonce et s’installera chez Lise, dans la chambre de Vilhelm, le mari déserteur. Et se met à porter ses habits, lire ses journaux intimes et finit par disparaître. Lucidité et autodérision. Attachant.

DURIAN SUKEGAWA « Pour que renaisse le soleil » Édition Hauteville. Traduit du japonais par Myriam Ayashi. 194 p.

Durian Sukegawa, auteur, poète, chanteur, universitaire, est l’auteur de « les délices de Tokyo » : un immense bonheur de lecture et d’adaptation au cinéma. Avec ce nouveau roman, Durian Sukegawa entre pleinement dans le monde poétique, onirique. En le lisant, j’étais transportée dans les dessins animés du studio Ghibli et plus particulièrement dans le monde d’Hayao Miyazaki : « le voyage de Chihiro », « le château ambulant » ou « la princesse Mononoké ». Les thèmes fondamentaux abordés, la vie, la mort, l’indispensable soleil, le sont dans un narratif d’une très belle poésie.

FERRARI Jérôme « TRES BREVE THEORIE DE L’ENFER » Actes Sud. Mars 26 150 p 16,50 p.

Traitée comme une succession de brefs contes des mille et une nuits l’histoire (autofiction ?) d’un homme qui s’arrache à ses racines corses pour partir en Orient où tout ne sera que déception (exploitation des millions de travailleurs immigrés, vulgarité des « expats » et des touristes). Dans cet enfer la bonne conscience de celui qui se croyait meilleur que les autres s’effondre : il ne s’est pas demandé pourquoi les yeux bleus de Nardjess son épouse étaient devenus noirs.

GRISHAM, John – MC CLOSKEY – « LES ENFERMES – Ed JC LATTES – 410 P.
Ceci n’est pas une fiction, mais le récit authentique et glaçant de 10 erreurs judiciaires ayant abouti à l’emprisonnement à vie ou à la peine de mort de victimes innocentes qui ont passé toute leur vie, privées de libertés par la faute de magistrats corrompus et d’enquêteurs sans scrupules. Des photos montrent les victimes dans leur jeunesse et à leur libération. La réalité dépasse la fiction. Plongée passionnante dans l’univers judiciaire américain. Se lit comme un roman. Vivement recommandé.

KHADRA Yasmina « Le prieur de Bethléem » Édition Flammarion 258 p.

Il est possible de tout dire sur ce livre de grande qualité : récit proche du conte, pétri d’humanité, chargé de spiritualité, de symboles, sur les conflits sans fin ni solution, la et les douleurs.

LO LACONO Simona « La guérisseuse de Catane ». Traduit de l'italien par Serge QUADRUPPANI. Editions Métailié, 2026. 173 p

Dans la Sicile du XIV ème siècle, Virdimura est la fille de Maître Uria, médecin juif. Il lui enseigne son savoir, elle se passionne pour la pratique médicale et développe une profonde compassion pour les malades les plus démunis. Mais son chemin est semé d'obstacles par les interdits imposés aux femmes. Certains la perçoivent comme une guérisseuse, d'autres comme une sorcière. Alors que la peste frappe Catane, elle lutte pour faire reconnaître son droit d'exercer la médecine. Bon roman pour son portrait de femme (1ère femme médecin à être reconnue légalement en Europe) et son contexte historique. C'est l'histoire d'un combat mené pour la soif de savoir et la reconnaissance dans un monde dominé par les hommes. Le récit est linéaire, l'écriture fluide presque poétique.

PHILIPPON, Benoît : « L’étrange odyssée de la famille Monsieur », Editions Albin Michel, mars 2026 ; 358 p

Milan Monsieur, pop star française vient de mourir d’un cancer. Ce génie musical à la renommée internationale mais mari et père déplorable, a décidé pour ses obsèques d’organiser une croisière sur son yacht "le Styx " jusqu'en Islande où ses cendres doivent être jetées. Il réunit toute sa famille, femme, enfants, soeur, neveu et "pièces rapportées "…pour une chasse au trésor qu’il a lui-même organisée et devant conduire à son fabuleux héritage. C'est le début d’une aventure explosive ! Roman réjouissant plein de drôlerie piquante et d’humour vachard. La verve savoureuse de l’auteur nous entraîne dans un voyage épique, une chasse au trésor originale, une réunion familiale ou les règlements de comptes, les non-dits vont s’exprimer ouvertement, sincèrement et avec émotion aussi. L’écriture est fluide, le ton acide, le rythme vif, la narration prenante avec beaucoup de rebondissements, de surprises et une pointe de fantastique. On ne s’ennuie pas. Les personnages sont sympathiques, attachants, surtout les trois enfants : un fils drogué, un autre misanthrope, une fille médium suicidaire qui parle aux morts ! Un excellent roman d’aventure cocasse.

PICOULT Jodi « Mon nom ne suffit pas », trad. de l'anglais par Carine Chichereau, Éditions Charleston, 1/26, 619 p.

Ce livre ambitieux reste facile d’accès. L’auteure y remet en cause Shakespeare comme auteur en tirant de l’anonymat la vraie auteure. Un enchaînement de chapitres qui alternent entre le XXIe et le XVIe siècle nous raconte les épisodes de vie de 2 femmes : Melina Green de New York et son ancêtre, Emilia Bassano. L’auteure décrit ce qu’elles ont en commun, en posant la question de la femme dans le milieu du théâtre : comment peut-elle s’y faire une place, déjouer les préjugés ? L’auteure imagine la vie d’Emilia, cette dramaturge qui aurait passé un accord avec Shakespeare pour lui vendre les pièces qu’elle écrivait et que lui signerait. Toutes les raisons qui l’y amènent sont décortiquées, toutes les circonstances de vie évoquées. Et le mieux, c’est que cela tient la route ! À côté de toutes les obstacles et difficultés créées par la société traditionnelle, Emilia a eu le bonheur de connaître un vrai amour. Le lecteur n’a qu’à s’y laisser emporter.

REDONDO, Dolores – « CELLES QUI NE DORMENT PAS » - Ed GALLIMARD NOIRE – 03/26

En Navarre, dans un petit village à l’époque du COVID, une « psychologue médico-légale » découvre le cadavre d’une jeune fille disparue depuis 3 ans au fond d’un gouffre. Mêlant approche scientifique et sensibilité aux légendes locales, elle va tenter de résoudre le mystère de la mort d’ANDREA en découvrant la complexité des rapports familiaux et de voisinage dans une petite bourgade perdue aux fins fonds de l’Espagne. Oeuvre complexe qui nécessité beaucoup d’attention de la part de lecteurs aguerris !

SCHLINK, Bernard- « CE QUI RESTE » -Ed Gallimard- 02/26- 206 p.

A 76 ans, MARTIN juriste à la retraite, apprend qu’il n’a plus que quelques mois à vivre ! Il s’attelle à mettre sa vie en ordre avant de mourir, il le doit à sa femme ULLA, plus jeune que lui, et son fils, DAVID, 6 ans. Mais comment savoir ce qui sera le plus important lorsqu’il ne sera plus là ? Et en si peu de temps ? Comment profiter de tout ? D’autant plus qu’il apprend qu’ULLA avec qui règne une merveilleuse entente, lui est infidèle ? Très beau texte, plein de douceur bien que le sujet soit triste, et que l’auteur sache décrire une atmosphère de douceur tout le long de son livre.

SCHMITT, Eric-Emmanuel – « JUSTE APRES DIEU, IL Y A PAPA » Ed Albin Michel- 03/26. -193 p.19,90 €. Lecteur : Annette FAVIER. Le petit WOLFGANG adore son père, son guide, son modèle. Mais bientôt le fils grandit, s’élève plus haut que le père, et l’admiration s’éloigne pour faire place à du dédain pour son maitre qui vieillit et en souffre. Grâce son génie, Wolfgang, obtient partout un succès que son père n’obtint jamais. Un peu long ce récit qui se veut pourtant aborder le sujet de l’amour filial …

SEKSIK Laurent « Le Jour de guerre est arrivé » Gallimard, 3/2026, 118p,

Eté 1914, alors que la guerre approche, Lucien Latour, le narrateur, élève officier de Saint Cyr, découvre que son grand-père, capitaine de l’armée française, tué à Sedan à 50 ans, n’était pas le héros qu’il croyait. La grand-mère de Lucien lui révélera la vérité. C’est elle qui recueillera son petit-fils, à la disparition de ses parents, morts du choléra. Et l’élèvera à Belleville, dans cet appartement où passait une foule de gens, de proches, de voisins. Grand-mère était toujours en représentation. On venait la voir pour l’écouter. Elle avait fait de son appartement un petit théâtre. Elle s’appelait Chloé Latour. A 15 ans elle avait été prise au service de Madame F., illustre comédienne du Théâtre Français du Second Empire, comme gouvernante alors qu’elle travaillait jusque-là au grand lavoir de Ménilmontant. Et Chloé avait appris à lire et à écrire. Mme F. fit découvrir à Chloé tous les grands écrivains : Dickens, Jules Verne, George Sand, Victor Hugo. Elle fera découvrir à l’auteur la vérité sur l’histoire d’amour de ses grands-parents, entre un haut-gradé et une servante qui devinrent ennemis, chacun d’un côté des barricades de la Commune de Paris. Tragédie sur fond de guerre civile française. Magnifique.

SEKIGUCHI Ryoko « VENISE MILLEFLEURS » P O L Décembre 25. 251 p

Entretenant une correspondance sans réponse avec Ilaria qui, au XIX°S constitua un herbier de la flore vénitienne Ryoko nous parle des milliers d’arbres qu’il a fallu, pour donner les pilotis nécessaires à la construction de Venise, du parfum des fleurs des jardins cachés, du courage des pétales de pissenlit à percer le béton, des glaces à la rose et de la salade aux glycines…Un régal désordonné à déguster lentement.

THOMAS Chantal « FEMMES SUR FOND AZUR » Seuil. Mars 26. 168 p,

Cinq femmes qui séjournèrent sur la Côte d’Azur et osèrent braver avec plus ou moins de réussite aux impératifs de leurs époques : La diva Crivelli devenue richissime vicomtesse de Viguier qui fit de Nice « the place to be »1826-1907, la Reine Victoria après son veuvage, Marie Bashkirtseff (1858-1884) et Katherine Mansfield (1888-1923) aux ambitions littéraires immenses et aux destins brisés, la mère de l’auteur Jacky (1919-2007) qui se fit, à la quarantaine, une vie libre et heureuse au bord de la Méditerranée (une perle !)

VARENNE Antonin « LES FILS DE L’AIGLE » GALLIMARD, février 2026, 218 p.

Nous sommes en mars 1970 en pleine guerre du VIETNAM. Deux jeunes américains de milieux différents, idéalistes, un peu perdus, fervents défenseurs de la paix : Alvin GLATKOWSKI et Clyde MCKAY, acceptent d’être matelots sur un cargo le COLUMBIA EAGLE transportant du ravitaillement pour les troupes américaines. Mais le navire transporte en réalité, des munitions, des mines antipersonnel et du na**lm. Refusant de participer à l’assassinat de milliers de personnes, ils décident de détourner le cargo et de demander asile aux communistes. Ils font évacuer l’équipage et ne gardent avec eux que 10 marins. Ils réussiront sans morts et sans blessés. PHNOM PENH accorde l’asile au cargo, mais c’est là que les ennuis commencent…qu’adviendra-t-il de GLATKOWSKI et MC KAY, sans doute pas ce à quoi ils s’attendaient. Idéalisme, folie, inconscience que penser de cette aventure tirée d’une histoire vraie, où se situe le courage ? Refuser l’ordre et passer pour un lâche abandonné par les siens ? Ou accepter et passer aux yeux du pays pour un héros. Au travers de la narration d’un policier meurtri par ce qu’il a vu et dont le fils est appelé, d’un journaliste de gauche, d’un couple à la dérive à la suite de la mort au Cambodge de leur fils, en marge des faits, l’auteur nous décrit une Amérique à bout de souffle, épuisée par une guerre dont elle a de plus en plus de mal à comprendre la nécessité.

WELLER Lance « Avalanche » Ed. Gallmeister, trad. de l’américain par François HAPPE, 3/2026, 536p.

En 1890, une mission de reconnaissance de la Great Northern Railway Company est envoyée dans les montagnes de l’Ouest des Etats Unis, afin de tracer la route du futur chemin de fer. Ils vont découvrir et recueillir un tout jeune garçon, Jack, dont les parents viennent de mourir d’une foudroyante maladie contagieuse (si rapidement enterrés qu’une main dépasse encore !) provoquant une tragédie qui hante encore la mémoire des habitants. Une minuscule bourgade va se créer dans la montagne : Forsaken Heights, Hauteurs Abandonnées. 2ème partie du roman : En 1910, Clara quitte l’Est des Etats Unis pour rejoindre son oncle et sa tante à Forsaken Heights. Elle fera la connaissance de Jack, tenu pour responsable de l‘entrée de la typhoïde dans la ville, 20 ans plus tôt ! Ils tomberont fous amoureux l’un de l’autre. Mais une avalanche dantesque viendra séparer Jack et Clara. Magnifique roman d’amour au grand pouvoir d’évocation.

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