12/06/2026
Au milieu du XIXe siècle, dans une société où l’enseignement secondaire et universitaire demeure presque entièrement réservé aux hommes, Julie-Victoire Daubié s’impose comme l’une des grandes figures de la lutte pour l’accès des femmes au savoir. Née en 1824 dans les Vosges, institutrice, autodidacte et femme de lettres, elle consacre une grande partie de sa vie à mener un combat pour plus d’égalité.
Bien avant de devenir la première femme bachelière de France, Julie-Victoire Daubié s’est déjà distinguée en remportant le concours de l’Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Lyon en 1859 grâce à son mémoire « La Femme pauvre au XIXe siècle », dans lequel elle dénonce l’inégalité de formation et de salaire entre les hommes et les femmes.
C’est également à Lyon que Julie-Victoire Daubié parvient à faire accepter son inscription au baccalauréat. Dans la France du Second Empire, aucune femme n’a encore franchi cette étape. Là où d’autres académies demeurent hésitantes, l’Académie de Lyon consent à examiner sa demande. En août 1861, à trente-sept ans, elle se présente devant un jury entièrement masculin réuni à la faculté des lettres de Lyon, alors installée au palais Saint-Pierre. Le 17 août, elle est reçue : Julie-Victoire Daubié devient la première femme bachelière de France.
Cette réussite ne met pourtant pas fin aux résistances. La délivrance officielle de son diplôme tarde plusieurs mois, signe de l’embarras suscité par cet événement inédit. La presse s’empare de l’affaire et un discret scandale administratif naît autour de cette question. Sans remettre en cause la décision du jury lyonnais, cette hésitation ministérielle révèle combien son succès bouscule les usages établis
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