07/07/2026
Finances communales, choix budgétaires et démocratie locale : rétablir les faits
Chères Lalandaises, chers Lalandais,
Depuis plusieurs semaines, la nouvelle majorité présente la situation financière de la commune comme extrêmement préoccupante. Cet argument sert désormais à justifier de nombreuses décisions : reports de projets, non-reconduction d’un poste d’ATSEM, recours à des prestations extérieures ou nouvelles restrictions.
Il est donc nécessaire de rétablir les faits.
Les documents budgétaires officiels (source direction générale des finances publiques) font apparaître un excédent de fonctionnement de 406 097 €. En y ajoutant les excédents antérieurs, la commune dispose d’un résultat cumulé de 862 097 €.
De ce résultat cumulé doivent naturellement être retranchés les remboursements d’emprunts et les investissements réalisés durant l’année. Ces investissements sont nombreux et concrets : réfection du City Stade, parking de la salle Pascal Obispo, jeux de l’école maternelle, aménagements à la Plaine des sports, tables et bancs, entre autres. Le programme d’éclairage public, aujourd’hui repris, figurait également dans le budget engagé précédemment.
Au final, selon les éléments présentés, la commune dispose encore d’environ 312 000 € pour gérer le quotidien. C’est une situation qui demande de la prudence et de la rigueur, mais ce n’est pas une commune laissée “dans le rouge”.
Nous avons déjà connu des situations plus contraintes par le passé, sans jamais renoncer à assurer le service public, notamment dans les écoles, ni à honorer les engagements de la commune.
Cela ne signifie pas que tout est simple. Une commune doit composer avec ses charges, ses emprunts, ses investissements et ses priorités. Mais présenter la situation comme ingérable, ou laisser entendre que chaque décision difficile serait uniquement la conséquence de l’ancienne mandature, ne correspond pas à la réalité des chiffres.
De la même manière, annoncer 200 000 € de factures en attente sans précision, sans document détaillé et sans expliquer si certaines dépenses ont été volontairement étalées ne permet pas un débat sérieux. Nous attendons sur ce point des éléments clairs, vérifiables et complets.
Nous attendons avec sérénité l’affectation officielle des résultats, qui viendra confirmer la situation financière réelle de notre commune.
Le vrai sujet est donc celui des choix.
La non-reconduction d’un poste d’ATSEM à l’école maternelle en est l’exemple le plus parlant. Ce poste concerne directement les enfants, les enseignants, les familles et le bon fonctionnement de l’école.
La municipalité affirme ne pas avoir les moyens de le maintenir. Dans le même temps, elle a voté une hausse des indemnités des élus, avec notamment le passage de 5 à 6 adjoints, ce qui augmente mécaniquement l’enveloppe consacrée aux indemnités.
Elle a également engagé de nouveaux recrutements, externalisé certaines missions auparavant suivies en interne, et recourt désormais à des prestations extérieures qui auront elles aussi un coût.
Quelques exemples interrogent :
Quel est le coût réel du poste d’ATSEM non reconduit ?
Quel est le coût annuel de la hausse des indemnités des élus ?
Quel est le coût des recrutements déjà engagés ?
Quel est le coût de l’externalisation de certaines missions, notamment autour de la paie ?
Quel est le coût du recours au Centre de gestion pour traiter certaines tâches ?
Quel sera le coût d’un archiviste, et en quoi cette dépense est-elle prioritaire aujourd’hui ?
Quelles dépenses sont réellement indispensables pour les habitants ?
Quand une majorité explique qu’elle n’a pas les moyens de maintenir un poste utile à l’école, mais qu’elle augmente dans le même temps certaines dépenses de fonctionnement, les habitants ont le droit de demander des explications précises.
Il ne suffit pas de dire que les finances sont contraintes. Encore faut-il démontrer que les arbitrages sont cohérents.
La méthode interroge également. Sur un sujet aussi sensible que l’école, l’absence de concertation est difficilement compréhensible. Parents, enseignants, élus et commissions concernées auraient dû pouvoir être informés et associés en amont. Beaucoup ont découvert la situation tardivement, notamment par la mobilisation lancée autour de l’école.
Une commune ne se dirige pas uniquement par décisions descendantes. Elle doit s’appuyer sur l’écoute, la concertation et la transparence.
Enfin, la gestion de la communication municipale pose elle aussi question. Sur les réseaux sociaux, et notamment sur la page officielle de la mairie, plusieurs commentaires critiques semblent disparaître lorsqu’ils dérangent. Des anciens élus locaux et des citoyens La Landais(e) indiquent également ne plus avoir accès à cette page institutionnelle de leur propre commune.
Une page officielle de mairie ne devrait pas être un espace de communication contrôlé selon ce qui arrange ou non la majorité. Elle doit permettre l’information des habitants et l’expression d’avis différents, dès lors que les échanges restent respectueux.
Nous ne contestons pas que des choix budgétaires soient nécessaires. Mais ces choix doivent être assumés comme des choix politiques, et non présentés comme des fatalités.
Une commune se gère avec des chiffres fiables, des priorités claires, des documents complets, des commissions qui travaillent et une vraie transparence. Pas avec des effets d’annonce, des insinuations ou une communication qui cherche à faire porter à l’ancienne mandature la responsabilité de chaque difficulté.
Les habitants méritent des faits, des chiffres, des explications complètes et un débat démocratique ouvert.
Nous resterons vigilants, exigeants et mobilisés pour défendre l’intérêt communal, les services publics de proximité, l’école, les agents et les familles.
La Lande au Cœur