14/12/2025
Du Club des Pins au Club des Lapins : le théâtre figé d’un système à bout de souffle
Dans l’ombre du pouvoir algérien, un théâtre politique usé jusqu’à la corde continue de se rejouer inlassablement, fondé sur la tromperie, le mensonge, la propagande, le bluff, la manipulation… et des violences de toutes sortes qui s’abattent sans répit sur le peuple.
Les généraux décideurs, malgré leur incompétence avérée, leur ignorance ostentatoire, leur malhonnêteté structurelle, leur illégitimité persistante et des dérives corruptives désormais systémiques, s’obstinent à renier les principes fondateurs de l’héritage anticolonial algérien.
Ils vont jusqu’à trahir la cause palestinienne, devenue avec le temps un repère moral universel, portée par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et par la lutte anticoloniale.
Dans le même élan, ils s’attaquent frontalement aux conquêtes démocratiques, aux libertés fondamentales et à tout ce qui constitue l’exigence irréductible de dignité humaine.
Et pourtant, ou plutôt sans surprise, ces mêmes généraux décideurs réapparaissent invariablement. À chaque signe d’essoufflement de leur système, ils surgissent, mus par leurs réflexes autoritaires les plus archaïques, pour tenter de ressaisir les rênes de pouvoir qui leur échappe peu à peu.
Au moindre frémissement de leur système, ils se précipitent, mûs par leurs réflexes autoritaires les plus anciens, pour tenter de reprendre la main sur un pouvoir qui leur échappe inexorablement.
Non pas pour entendre les aspirations profondes du peuple, mais pour revenir se partager la scène politique avec leurs opposants fabriqués, tous soigneusement sélectionnés, tolérés ou contrôlés.
Ces figurants, placés sous la surveillance directe ou indirecte de la police politique, servent à maintenir un système au service des forces étrangères et de l’illusion d’un pluralisme qui n’existe pas.
Ainsi se perpétue un régime qui, pour survivre, privilégie obstinément la sauvegarde de ses privilèges au détriment de la souveraineté populaire qu’il prétend représenter.
Un pouvoir qui redoute la volonté du peuple plus qu’il ne craint l’échec, et qui préfère étouffer la vérité plutôt que de renoncer à son emprise.
Cette mécanique, bien que vieillissante, demeure l’unique moyen dont il dispose.
La méthode de la junte est immuable : dérégler la réalité pour régner sur la confusion.
On embrouille les citoyens pour qu’ils ne distinguent plus l’essentiel. On les enferme dans un brouillard administratif et médiatique afin de neutraliser toute avancée démocratique. On les pousse vers des impasses idéologiques, sociales ou identitaires pour détourner leur regard de ce qui compte réellement : la liberté.
À cela s’ajoute un outil plus insidieux encore : la saturation.
Saturation de crises économiques, sociales et sécuritaires pour écraser toute réflexion collective.
Saturation d’informations contradictoires pour ensevelir la vérité sous la rumeur.
Saturation de discours officiels pour épuiser jusqu’à la volonté de résister.
Lorsque la confusion ne suffit plus, la junte active un autre levier : la fatalisation du politique.
On mobilise les croyances, les symboles, les récits historiques pour transformer l’injustice en destin. On présente l’arbitraire comme une loi naturelle.
On tente de faire passer les violences politiques pour de simples nécessités.
Vient ensuite le stade ultime : le silence imposé.
C’est l’arme la plus stable, la plus constante, la plus dangereuse de la junte. En étouffant la parole, elle étouffe la pensée. En muselant les voix, elle fragilise la conscience citoyenne.
En censurant la société, elle prévient l’émergence de cette intelligence collective qui pourrait fissurer les fondations de son pouvoir.
Et enfin, la dernière carte du régime totalitaire : la pire.
Ces séparatistes, fabriqués dans les laboratoires des services de renseignement, sont exhibés comme un ennemi intérieur, alors qu’ils ne sont que les instruments d’une stratégie parfaitement orchestrée. Chacun joue son rôle au moment voulu : l’un s’empare de la guitare, l’autre du tambour ; puis l’un passe à la flûte, l’autre enchaîne, … Une mise en scène rodée, pensée pour maintenir la peur et contrôler la société.
Ils font tous partie de la soldatesque des « gendarmes du monde » : un « club des lapins » où l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis déversent des milliards pour nourrir le fascisme de Trump, traînant derrière eux leurs vassaux, la Turquie et l’Égypte. Les membres qui dissimulaient leur jeu le Maroc, la Syrie, l’Algérie… et les séparatistes du MAK ne sont que des instruments d’un système conçu pour écraser toute aspiration à la liberté et maintenir la domination sur les peuples.
Pourtant, malgré ces stratégies, une vérité demeure, une vérité que toute junte finit par affronter : aucun peuple ne se réduit durablement à un troupeau.
On peut fabriquer des opposants, mais on ne peut pas fabriquer une réalité capable de tenir éternellement une nation sous cloche.
On peut prendre les citoyens pour des lapins, mais vient un moment où la conscience populaire se relève, se questionne, et réclame ses droits.
La police politique, devenue instrument d’une mise en scène permanente, ne suffit plus à camoufler cette évidence : l’histoire n’a jamais été du côté des pouvoirs fondés sur la peur, la manipulation, la violence et les mensonges.
Et aujourd’hui, malgré la censure, malgré les intimidations, malgré les manipulations, le peuple ouvre enfin les yeux et se prépare à un tsunami révolutionnaire, prêt à écraser les chaînes de l’oppression.
Tahar SI SERIR