27/09/2025
Extrait de ma prochaine lettre à François Hollande du 27/09/25 : Quelle affaire ! Pendant que le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu tourne en rond dans son hôtel Matignon avec une baguette de sourcier pour rechercher cette fameuse majorité inexistante depuis la dernière dissolution de l’Assemblée Nationale, le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa sentence au sujet du financement Libyen de la campagne présidentielle de Mr Sarkozy en 2007. 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dont les deux acolytes Brice Hortefeux et Claude Guéant. Après dix ans d’enquête, de luttes acharnées pour faire disparaître des preuves et des témoins, la sentence est tombée. Une véritable bombe vient d’éclater dans le monde politique Français. Dès la sortie de la salle d’audience, l’ex Président a prononcé un discours incendiaire et accusatoire contre la justice. Le coup du sort ou le coup de grâce ou un signe du ciel pourquoi pas, avait pourtant eu lieu la veille avec l’annonce de la mort du principale témoin accusateur de ce gravissime délit, Ziad Takieddine, le 23 septembre à Beyrouth. Comme on dit, il emporte donc définitivement avec lui les secrets de cette tumultueuse affaire. Il était âgé de 75 ans et les circonstances de son décès restent à préciser.
La voie devait s’éclaircir. Il n’y a pas de preuves n’arrêtait-il pas de marteler à tout bout de champ. Il est vrai que son ami Kadhafi ne lui a pas émis de factures en bonne et due forme pour ces valises de cash dont il s’obstine à dire qu’elles n’ont naturellement jamais existé. Que les enquêteurs n’aient pas eu trace de ces valises n’est pas une surprise donc. Car pour tout fraudeur, l’utilisation exclusive d’argent en espèces est en réalité le b a ba. Le dilemme dans cette affaire, c’est le montant. Il fut à priori énorme. On parle de 50 millions d’euros ! Si faire transiter des sacs de billets est une habitude chez vous les politiques, jamais ni même du temps de Mitterrand ou Chirac, ce trafic n’avait atteint un tel montant. C’est donc à propos d’une phénoménale logistique que les juges se sont concentrés afin de découvrir tous les points de détail correspondant à l’acheminement de ces monceaux de billets entre la Libye et Paris. Voyages, rencontres, témoignages, accompagnateurs, dépôts des espèces une fois en France, etc. C’est dans ce contexte que les juges ont fini par rassemblé tout un tas d’informations se concordant qu’ils nommeront faisceau d’indices. La location de la chambre forte de Mr Guéant à cette même époque prétextant y avoir mis en sécurité des anciens discours de Mr Sarkozy prête forcément à sourire et demeurera un des must de cette mascarade. Le constat est tout de même d’une profonde amertume. Toute cette énergie et tout cet argent dépensé dans cette rocambolesque escroquerie a de quoi mettre en colère bien des Français.
Le pire dans tout cela, est d’avoir observé dans les minutes qui ont suivi la charge de Mr Sarkozy contre la justice, la levée de boucliers de ses fidèles ou autres conspirateurs y détectant un intérêt particulier à défendre l’indéfendable. Cette droite infâme qui ne ressemble plus à rien en prenant fait et cause pour un leader de cet acabit. Que les temps d’un Philippe Seguin, une des dernières incarnations d’un Gaulisme libéral et social, paraissent de la préhistoire face à ces petits chefs perdus dans leurs combats stériles de républicanisme et de nationalisme.
Vous avez bien connu ce monsieur, votre meilleur ennemi. Vous avez été élu en 2012 sur votre marotte d’anti-sarkozysme et ma fois vous étiez visionnaire. Prenant vos fonctions, vous avez été le premier Président à ne pas enterrer les affaires de votre prédécesseur ce qui déclenchera entre vous et lui une guerre totale comme il sait si bien les mener. Lorsque je vous écrivais à l’Élysée, je vous avais soumis l’hypothèse que dans cette guerre déroulée pour vous affaiblir, vous discréditer, vous faire chanter, Mr Sarkozy et sa belle Carla, n’étaient pas étrangers à votre affaire de scooter, pris en flag par un paparazzi rue du Cirque. Aujourd’hui en doutez vous encore ? Moi non ! En politique, il y a toujours eu les intrigants intelligents et les intrigants destructeurs, Mr Sarkozy est de toute évidence de la deuxième catégorie, un véritable empoisonneur pour qui s’oppose à lui ou ose le défier. Dans cette pitoyable réaction des aficionados de cet ex Président, je distingue bien évidemment une puissante opération de communication mais je vois aussi en temps réel devant moi un potentiel intouchable. En France hormis l’assemblée des Académiciens, il faudra dorénavant accepter de voir une assemblée des intouchables défier le peuple et les institutions.
Publiquement, vous êtes en retrait dans cette agitation et grand bien vous fasse. La droite assurément s’esquinte toute seule à hurler avec ce vieux lion de Sarkozy contre la justice. Marine Le Pen sera la prochaine à s’avancer sur la scène judiciaire avec ses histoires de financement d’assistants parlementaires. Elle sent comme un vent froid souffler sur sa nuque. Lecornu qui prévoyait construire sa brinquebalante majorité à droite tout en obtenant la promesse d’une abstention des troupes Lepénistes, doit s’inquiéter de la situation.
Alors depuis la sentence, et cette convocation le 13 octobre prochain pour définir les conditions d’incarcération de Mr Sarkozy, les élus de droite s’émeuvent tentant d’entraîner avec eux une partie de l’opinion publique sur l’idée insoutenable pour eux de concevoir dans quelques semaines un ancien Président de la République dormir en prison. Mr Sarkozy toujours malhabile littéralement, n’est pas écrivain qui veut, dans ses déclaration m’a d’ailleurs amusé en déclarant très solennellement qu’il dormirait dans sa cellule la tête haute. J’imagine que ce monsieur est comme nous tous, qu’il se couche pour sommeiller et je ne comprends pas comment il pourra tout en étant allongé avoir la tête haute. C’est un mystère Sarkozyen, un de plus me direz vous. Mais vous le savez, nous sommes habitués à ses formules à l’emporte pièce qui du « Karcher » aux dromadaires de son ex ami Muammar Kadhafi déclarant « je me serai bien passé de la tente », en passant par son adoration pour la Princesse de Clèves, n’a aucune retenue sur l’exploration de la langue française et prompt à toute innovation.