31/08/2026
[Tribune libre - Septembre 2026]
«EFFORT», «ECHEC», «PERFORMANCE» ET «REUSSITE» NE SONT PAS DES GROS MOTS
Septembre marque à la fois la rentrée des classes et celle des associations.
Dans le sport, personne ne conteste certaines évidences. Il faut s'entraîner pour progresser, recommencer après un échec, accepter qu'un autre soit meilleur, respecter les règles, le collectif et l'éducateur. Il faut respecter l'adversaire et ses coéquipiers, dans la victoire comme dans la défaite. Ces règles enseignent la persévérance et donnent tout son prix à la réussite.
Imaginerait-on des Jeux olympiques sans chronomètre pour que personne ne finisse dernier?
Une Coupe du monde sans score ni classement? Un podium avec autant de premières marches que d'athlètes ?
Adapterait-on la hauteur de la barre à chacun pour que tous la franchissent ?
Personne n'appellerait cela du sport.
Le sport enseigne aussi la fierté du dépassement. Celle de l'athlète qui s'entraîne, échoue, recommence et finit par accomplir ce dont il ne se croyait pas capable. La performance mesure le chemin parcouru, l'effort consenti et parfois la victoire sur ses propres limites.
Pourquoi ce qui paraît naturel dans le sport devient-il suspect à l'école ?
L'école obéit à d'autres finalités, mais elle ne peut renoncer à l'exigence. Elle doit permettre à chaque enfant de progresser, de comprendre et de s'élever. Elle suppose le respect de l'institution et de celui qui enseigne. L'instituteur doit pouvoir exercer sa mission sans crainte ni parti pris, transmettre, corriger, exiger et être respecté par l'élève comme par ses parents. Une erreur doit pouvoir être corrigée, un travail insuffisant repris, un effort reconnu et une réussite distinguée.
Que valent encore l'effort et la réussite lorsqu'il n'y a plus d'échec ?
Croire en nos enfants, ce n'est pas leur dire qu'ils ont tout réussi. C'est leur apprendre l'effort, le respect et le goût de se dépasser.