28/03/2026
COMMUNIQUÉ OFFICIEL
Alliance Internationale pour l’Identification, la Protection et la Défense des Droits des Personnes en Détresse (AIIPDPD)
Objet : Indignation et demande d’actions urgentes suite à l’agression d’une patiente en salle d’accouchement à l’Hôpital général de référence de Kinkole (Kinshasa)
L’Alliance Internationale pour l’Identification, la Protection et la Défense des Droits des Personnes en Détresse (AIIPDPD) exprime sa plus vive indignation et sa profonde consternation à la suite des faits d’une extrême gravité survenus à l’Hôpital général de référence de Kinkole, à Kinshasa, impliquant l’agression physique d’une patiente venant d’accoucher par un membre du personnel médical.
Selon les informations rendues publiques, la victime, alors qu’elle venait de donner naissance et présentait une déchirure nécessitant une suture, aurait demandé une anesthésie afin d’atténuer la douleur liée à l’intervention. Cette demande légitime aurait déclenché une réaction violente du médecin concerné, qui aurait brutalement frappé la patiente, ordonné l’enregistrement de la scène et exposé celle-ci dans un état de grande vulnérabilité et de nudité.
De tels actes constituent **une violation grave et inacceptable de la dignité humaine**, des principes fondamentaux de la déontologie médicale et des normes juridiques nationales et internationales protégeant les droits des patients et des femmes.
1. Violations du droit national
Les faits rapportés sont susceptibles de constituer plusieurs infractions graves au regard du droit congolais, notamment :
Les coups et blessures volontaires, réprimés par le Code pénal congolais ;
Les atteintes à la dignité humaine et à l’intégrité physique de la personne ;
La violation du secret médical, principe fondamental de la pratique médicale ;
La violation du droit au respect de la vie privée et de l’intimité du patient, notamment par l’enregistrement et la diffusion potentielle d’images d’une patiente dans un état de vulnérabilité ;
La violation du Code de déontologie médicale en République Démocratique du Congo, qui impose au médecin le respect absolu de la dignité, de la vie et de l’intégrité du patient.
En outre, la Constitution de la République Démocratique du Congo consacre plusieurs droits fondamentaux qui apparaissent clairement violés dans cette affaire, notamment :
Article 16 de la Constitution : droit à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité de la personne humaine ;
Article 17 : protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
Article 61 : caractère intangible de certains droits fondamentaux, dont l’intégrité physique.
2. Violations des normes internationales relatives aux droits humains
Les faits dénoncés constituent également des violations de plusieurs instruments juridiques internationaux auxquels la République Démocratique du Congo est partie, notamment :
La Déclaration universelle des droits de l’homme (1948)
Article 3 : droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne ;
Article 5 : interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
Article 12 : protection contre les atteintes arbitraires à la vie privée et à la dignité.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)
Article 7 : interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants.
La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), qui impose aux États de protéger les femmes contre les violences, y compris dans le domaine de la santé.
La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples**
Article 4 : droit à la vie et à l’intégrité physique ;
Article 5 : respect de la dignité inhérente à la personne humaine et interdiction des traitements dégradants.
Le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique, qui garantit le droit des femmes à des services de santé respectueux de leur dignité.
3. Appel à des mesures rapides et exemplaires
Face à la gravité exceptionnelle de ces faits, l’Alliance Internationale pour l’Identification, la Protection et la Défense des Droits des Personnes en Détresse appelle les autorités compétentes à :
mener une enquête indépendante, transparente et rapide afin d’établir toutes les responsabilités ;
garantir des poursuites judiciaires effectives et exemplaires contre les auteurs de ces violences ;
assurer la radiation définitive de l’auteur des faits de la profession médicale, si les faits sont confirmés ;
garantir la protection et la prise en charge médicale, psychologique et juridique de la victime ;
renforcer les mécanismes de contrôle et d’éthique dans les établissements de santé, afin que de tels abus ne puissent plus jamais se reproduire.
4. Position de l’Alliance
L’Alliance Internationale pour l’Identification, la Protection et la Défense des Droits des Personnes en Détresse rappelle que les établissements de santé doivent être des lieux de protection, de soin et de dignité, et non des espaces où des personnes vulnérables peuvent subir des violences.
Nous demandons aux autorités congolaises d’agir avec célérité et fermeté, afin que cet acte barbare ne reste pas impuni et que des garanties effectives soient mises en place pour empêcher que de tels actes puissent se répéter dans un futur proche.
La lutte contre les violences obstétricales et les atteintes à la dignité des patients constitue une exigence fondamentale d’un État de droit et du respect des droits humains.
L’Alliance continuera de suivre cette affaire avec la plus grande attention et se réserve le droit d’entreprendre toute action nécessaire pour la défense des droits de la victime.
Fait pour servir et valoir ce que de droit.
Alliance Internationale pour l’Identification, la Protection et la Défense des Droits des Personnes en Détresse (AIIPDPD)
FRANCE 24 Publique RDCLa Présidence RDCMinistère des Affaires étrangères de la RDC