04/05/2026
Encore une fois, l'autorité de l'État est bafouée...
Une rave party se déroule depuis trois jours sur un terrain militaire, un polygone de tir, situé près de Bourges, dans le Cher. Elle a réuni jusqu’à 30000 personnes et les nuisances se poursuivent encore à cette heure. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est présent sur place et il évoque de lourds préjudices à l’encontre des riverains.
Les forces de sécurité à hauteur de 600 militaires de la gendarmerie sont également présentes et malheureusement elles sont bien impuissantes. Elles surveillent et elles secondent les effectifs de la sécurité civile au travers de postes de secours déployés sur la zone. On déplore plusieurs dizaines de blessés suite à des rixes ou des malaises graves, consécutifs à l’absorption massive d’alcool ou de stupéfiants. Les dealers sont bien sûr présents et ils font prospérer leur business à ciel ouvert.
Ce rassemblement illégal est une fois de plus un symbole de la faiblesse de l’Etat et de son incapacité à agir. Il y a 20 ans, lorsque je commandais un escadron de gendarmerie mobile, nous y étions déjà confrontés et rien n’a fondamentalement changé depuis. Lorsque je servais en gendarmerie départementale dans l’arrondissement de Beaune, j’ai eu à interrompre des rave party de plusieurs centaines de personnes avec mes gendarmes, et j’y suis toujours parvenu en négociant mais surtout en affichant ma fermeté et ma volonté d’utiliser la force s’ils ne coupaient pas la diffusion du son.
Il s’agit toujours d’un rapport de forces et l’interruption de la « musique » marque toujours la fin de la rave party et donc la victoire de la loi sur l’illégalité et sur la sauvagerie. Je n’ai jamais pu obtenir des autorités judiciaires la possibilité de saisir le matériel (baffles et amplificateurs) et c’est ainsi partout en France. Elles se sont donc toujours poursuivies, en toute illégalité et elles se sont toujours accentuées.
Laurent Nunez, de manière pathétique, a évoqué le fait que ces rassemblements sont soumis à des règles juridiques mais il se trouve que les participants s’en foutent pas mal. Le préfet a évoqué l’existence d’obus et de munitions non explosés sur le polygone de tir mais, bien sûr, ils s’en fichent également.
Les forces de l’ordre passeront les prochaines heures, voir les prochains jours à contrôler les sorties et à dresser des procès-verbaux pour alcoolémie excessive et consommation de stupéfiants. Autant dire que c’est un nouveau désastre et que le ministre de l’Intérieur ne fait que subir, en affichant de surcroit son impuissance en lieu et place du choc d’autorité proclamé et jamais obtenu.
Un projet de loi est en discussion au Sénat pour renforcer les sanctions à l’encontre des organisateurs mais je demeure plus que dubitatif.
Être efficace et vouloir agir, cela consisterait à interrompre la diffusion du son, à saisir le matériel, dans l’attente de l’évolution de la législation pour des positions plus fermes.
Avec 6 escadrons et 400 gendarmes mobiles présents sur place à Bourges, cela était possible à tout moment et cela n’a pas été fait, faute d’avoir donné les ordres adéquats.
L’absence de son induit la fin du festival techno et les festivaliers repartent. C’est aussi simple que ça et j’ai eu à le vérifier bien souvent. Force doit rester à la loi !
Mais pour faire respecter l’ordre, il faut un peu de courage… qualité dont sont dénués nombre de nos gouvernants actuels !