22/06/2026
Telerama.
Élèves à la rue, enseignants et parents d'élèves mobilisés... En attendant mieux.
(...) "Ainsi, le Réseau national d’aide aux élèves sans toit a vu le jour en 2022. Juliette Murtin cumule les casquettes. Enseignante dans le second degré, membre de la FCPE, elle est aussi porte-parole de Jamais sans toit, collectif qui a cocréé le Réseau national, une sorte « d’armée de citoyens humanistes ». (...)
Le réseau se mobilise donc à présent pour porter cette question du sans-abrisme au niveau national, d’autant que la présidentielle approche à grands pas, et que le chiffre du baromètre de 2026 ne devrait pas être plus reluisant. « Les enseignants prennent ce sujet à cœur,constate Juliette Murtin. Il y a une véritable inquiétude, un refus de faire comme si ça n’existait pas. L’occupation d’une école, c’est une prise de risque pour les profs, c’est une décision très impliquante. »Aujourd’hui, les enseignants se cognant de plein fouet à cette réalité, Jamais sans toit intervient aussi lors de stages intersyndicaux pour répondre à la question principale des professeurs : « Comment fait-on pour accompagner ces élèves ? »
S’il n’y a pas de réponses clef en main, les actions se suivent et se ressemblent, de sorte à ne pas laisser les enseignants gérer seuls des situations complexes. Mais le risque, pour ces lanceurs d’alerte, est de finir par passer quasi inaperçus. « Au fil des années, les institutions commencent à nous considérer comme des hébergements officieux, relate Juliette Murcin. Et on obtient moins de réponses. On a vu une famille rester vivre deux ans dans une école ! C’est pourquoi il faut réorienter notre stratégie pour déranger davantage. » Pour Samira Dadache, administratrice de la FCPE nationale, présidente de la FCPE Isère et membre de l’intersyndicale Enfants migrant·es , l’important est « un intercollectif fort. Chaque ville, chaque département doit pouvoir en avoir un. On sait que ces situations explosent, que la rentrée va être compliquée. Il y a un vrai travail de plaidoyer politique à faire, notamment avec les élections qui arrivent ». "
Plus de deux mille enfants dormaient dehors en 2025. Les enseignants, inquiets, se mobilisent et s’entourent d’associations pour accompagner au mieux leurs élèves, voire pour faire pression sur les autorités.