03/08/2021
🎾 Passionné de tennis, Mickaël, gendarme à Saint-Domineuc en Ille-et-Vilaine, a été juge de ligne sur le tournoi de Roland-Garros, pour la septième fois.
💬 Rencontre avec celui qui contrôle les b***es sur le terrain.
Dans le stade, la b***e de tennis virevolte entre le filet, d’un côté à l’autre du terrain, dans un silence implacable.
C’est sûrement l’un des plus beaux matchs de l’histoire du tennis qui se joue à cet instant. L’Espagnol Rafael Nadal, treize fois vainqueur à ROLAND-GARROS, affronte en demi-finale le numéro Un mondial, le Serbe Novak Djokovic, le vendredi 11 juin 2021.
L’ambiance est électrique. Depuis plus de quatre heures, sous une chaleur étouffante, la foule retient son souffle, suspendue aux gestes précis des joueurs, et surtout, à ceux des juges de lignes. Pour confirmer les bonnes b***es, ce dernier utilise un geste conventionnel en silence, pour ne pas gêner le jeu. Mais quand il y a "faute", il doit l’exprimer à voix haute.
C’est d’ailleurs ce qu’a fait Mickaël, vers 23 heures, pour sceller la fin du jeu, en annonçant la b***e de match à Djovokic, qui vient d’éliminer "Rafa" aux portes de la finale.
🗣️ "Cette demi-finale est l’un des plus beaux souvenirs que je possède, depuis que je suis juge de ligne sur Roland-Garros", confie Mickaël, 28 ans, gendarme de métier, mais aussi juge de ligne pour la septième fois à Roland-Garros. C’est aussi lui qui, lors de la finale en 2019, annonce la b***e de match à Nadal contre l’Autrichien Dominic Thiem. "Nadal était à deux mètres de moi, il s’est littéralement effondré quand il a su qu’il avait remporté le tournoi. C’était intense de voir autant d’émotions dans ses yeux", avoue-t-il, empreint d’émotions.
Il faut dire que Mickaël n’en est pas à son premier tournoi en tant que juge de ligne. C’est la septième fois qu’il est sélectionné pour participer à Roland-Garros
🗣️ "Pour être juge de ligne, il faut être licencié dans un club à la fédération française de tennis pour devenir arbitre, et avoir de l’expérience dans un club. En Bretagne, dans le club où j’étais licencié, j’ai participé à de nombreux tournois et, bien sûr, l’objectif est d’être sélectionné à Roland-Garros", explique-t-il.
Sa première sélection remonte à 2013 : "Pour pouvoir prétendre à ce poste, il faut, au minimum, arbitrer en tant qu’arbitre principal sur 25 matchs dans l’année, où l’on est noté, puis arbitrer comme juge de ligne, lors de tournois sur 20 journées, en France ou à l’étranger. De là, on peut envoyer sa candidature en novembre, à Roland-Garros".
▶️ En tout, 280 arbitres auront la chance d’être juges de ligne, dont 90 étrangers. Mais la sélection ne s’arrête pas aux portes de Roland-Garros. Chaque jour, ils sont, eux aussi, notés par les arbitres de chaises – les arbitres principaux, responsables de la direction de la partie -.
En finale hommes et dames, seuls 40 juges de lignes seront sélectionnés. Là encore, les très bons scores de Mickaël lui ont permis d’y accéder cette année, pour la quatrième fois.
🗣️ "Le tennis est une passion, mais je suis gendarme pour servir avant tout mon pays."
👀 Même s’il n’est pas le seul arbitre sur le terrain, son rôle est crucial. Pendant le match, sur le court Philippe-Chatrier, neuf juges de lignes scrutent les b***es, et, effectuent des rotations toutes les heures, avec dix autres arbitres, pour prendre le relai. Si le rythme est très soutenu, Mickaël profite de chaque instant sur le terrain, comme si c’était sa première fois :
🗣️ "C’est toujours impressionnant d’entrer dans le stade, au beau milieu des spectateurs, de faire partie de ce décor à notre petit niveau, ce sont des émotions inexplicables et très fortes". Très modeste, le jeune homme garde les pieds sur terre, et n’oublie pas, pour autant, sa carrière de gendarme. « Le tennis est une passion, mais je suis gendarme pour servir avant tout mon pays, et aider mon prochain », confie-t-il. Après avoir débuté sa licence de droit à l’Université Rennes-1, Mickaël a réussi les concours en parallèle pour intégrer la gendarmerie. Gendarme mobile pendant six ans, il est affecté en 2019 à la brigade de proximité de Saint-Domineuc, entre Rennes et Saint-Malo, en Bretagne :
🗣️ "J’ai été engagé en outre-mer, en Corse, à Notre-Dame-des-Landes, et sur les manifestations des gilets jaunes. Mais, j’avais envie de faire de l’enquête. J’ai donc passé un concours pour être officier de police judiciaire en 2020, que j’ai obtenu".
▶️ À terme, Michaël espère rejoindre une unité de recherches, tout en rêvant de participer aux futurs tournois de tennis.