07/02/2026
Face aux rumeurs, le directeur du groupement hospitalier du Rouergue Vincent Prévoteau a souhaité rétablir certaines vérités, donner des nouvelles de l’installation de l’IRM mais aussi des travaux de restructuration du site decazevillois.
"Les urgences de Decazeville ne sont pas fermées, notre volonté est qu’elles restent ouvertes et c’est un travail permanent, de longue haleine, avec un engagement extrêmement fort des praticiens". Confronté aux rumeurs persistantes qui circulent au sujet de l’hôpital de Decazeville, le directeur du groupement hospitalier a souhaité ce vendredi 6 février "rassurer la population", ce sur plusieurs points.
À commencer, donc, par les urgences, qui fonctionnent toujours de manière régulée. Concrètement, les usagers doivent contacter le 15 avant de se présenter. L’opérateur évalue la situation et oriente ensuite le patient vers le site qui sera le plus approprié à sa pathologie, mais aussi en mesure de l’accueillir de la meilleure des manières.
"On entend beaucoup de choses mais les urgences de Decazeville sont sécurisées"
Une approche imposée aux hôpitaux aveyronnais et qui a prouvé son efficacité dans un contexte de forte pénurie de médecins, une pénurie qui a failli nécessiter le déclenchement du "plan Blanc", à Rodez, alors que les urgences étaient saturées. Au plus fort de la tourmente, on comptait 13 médecins à Rodez (une vingtaine actuellement) et deux à Decazeville (4,3 aujourd’hui, un nouveau médecin est attendu sous peu).
Ce maintien à flot est pour Vincent Prévoteau le fruit d'"un travail énorme réalisé par le Dr Becker, le Dr Jossillet et la régulation de Rodez. Le fait que nous sommes dans le cadre d’une urgence dite régulée ne veut pas dire diminuée. Notre volonté est que le patient, où qu’il soit pris, d’où qu’il vienne, ait la même qualité et la même sécurité des soins", souligne-t-il, reprenant : "Il y a beaucoup de fantasmes. On entend beaucoup de choses mais les urgences de Decazeville sont sécurisées, on s’y emploie collectivement".
Examens biologiques et imagerie à l’arrêt la nuit : "C’est faux"
Cible de beaucoup de spéculations également, toujours à Decazeville : un éventuel arrêt des examens biologiques et d’imagerie la nuit. "C’est faux. Nous maintenons les astreintes biologiques et radiologiques la nuit. Nous renforçons les liens entre les urgences de Rodez et celles de Decazeville pour qu’on ait cette solidarité territoriale. Nous avons un effectif de quatre techniciennes de laboratoire qui travaillent en lien fort avec le laboratoire de Rodez. D’ailleurs s’il n’y avait pas eu ce travail, il n’y aurait plus de laboratoire à Decazeville parce qu’il n’y avait pas de candidat pour reprendre le flambeau de la biologie".
"C’est grâce au renforcement de Rodez qu’on peut renforcer Decazeville également"
"On a dû réduire la voilure, certes, et travailler très souvent avec un seul praticien H24, et là où ailleurs en France, on a pris la décision de ne faire qu’une antenne SMUR, on a décidé de maintenir un maximum d’offres sur place avec une optimisation du plateau technique parce qu’il y a des choses très positives sur Decazeville. Le plateau technique d’imagerie est excellent. La réalisation de certains bilans biologiques se fait en un temps record et donc la prise en charge se fait très rapidement. On essaye de pérenniser une deuxième ligne, on n’y est pas encore. C’est seulement aussi grâce au renforcement de Rodez qu’on peut se permettre de renforcer sur Decazeville également.", résume pour sa part Frank Becker, urgentiste et président de la commission médicale d’établissement de l’hôpital de Decazeville.
Un IRM à 2 M€ attendu pour fin 2026
Sur le front de l’IRM, promis à Decazeville, les choses se précisent et le dossier de consultation est lancé pour une installation, selon Vincent Prévoteau, "à la fin de l’année". Alors que Decazeville dispose déjà d’un scanner qui fonctionne "remarquablement bien", ce nouvel engin viendra renforcer le plateau d’imagerie mutualisé, en complément de celui de Rodez.
Adjoint au directeur, Emmanuel Noé est en charge du dossier. Il annonce des opérations "de mars à décembre pour installer cette machine" qui prendra place en plein cœur de l’hôpital, à proximité immédiate du service d’imagerie, dans les anciennes urgences. L’IRM représente un investissement de 2 M€ et a bénéficié notamment d’une aide de 200 000 € de la communauté de communes.
Après l’incendie de mai 2022, une "reconfiguration" pour plus de 6 M€
Autre chantier en cours dans le Bassin : la rénovation du site après l’incendie. "Au-delà de la rénovation de l’aile, c’est une reconfiguration architecturale du site qui impactera probablement aussi les urgences", résume Emmanuel Noé.
"Les marchés ont été signés en décembre et les travaux sont en cours pour une finalisation au mois de juillet", explique-t-il. "C’est nécessaire pour pérenniser ce bâtiment touché par ce sinistre au niveau de sa toiture". En parallèle, un schéma directeur immobilier est activé pour permettre de "reconfigurer l’hôpital et de lui redonner les perspectives dans son fonctionnement", souligne Emmanuel Noé, se félicitant que "l’hôpital ait continué à fonctionner, même amputé de son aile. Il n’y a pas eu de fermeture, il n’y a pas eu de diminution d’activité".
Le coût de ces travaux est évalué à 500 000 € pour la réfection de l’aile sinistrée et près de 6 M€ pour la reconfiguration de l’hôpital.