10/06/2026
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J’ai pris connaissance des propos de François-Xavier Ceccoli sur le projet de métropole du Pays ajaccien. Je veux lui répondre clairement, sans polémique inutile : présenter cette proposition comme un marchandage politique ou comme une opposition entre Ajaccio et le monde rural, c’est caricaturer un débat qui mérite mieux.
Je partage l’analyse de mon ami Laurent Marcangeli : l’autonomie ne peut avoir de sens que si elle donne réellement des leviers d’action. Cette exigence ne saurait valoir uniquement pour la Collectivité de Corse. Elle doit aussi concerner les communes, les intercommunalités et les bassins de vie de notre ile.
Demander une évolution du statut de la CAPA / Communauté D'agglomération Pays Ajaccien, ce n’est pas réclamer un privilège. C’est reconnaître une réalité : le Pays ajaccien représente près de 100 000 habitants et un tiers de la population corse. Il assume des charges de centralité importantes et ne dispose pas à ce stade des outils nécessaires pour y répondre.
Demander une évolution du statut de la CAPA, ce n’est pas opposer l’urbain au rural, bien au contraire. La CAPA réunit en son sein des communes urbaines, périurbaines, rurales et de montagne. Défendre le Pays ajaccien, c’est défendre l’ensemble de ses habitants, dans leur diversité.
Le débat sur l’évolution institutionnelle de la Corse appartient à l’ensemble de la représentation politique corse. C’est dans ce cadre que, en tant que maire d’Ajaccio et président de la CAPA, j’ai formulé des propositions sur l’évolution du statut de notre EPCI ; propositions qui ont été votées par l’ensemble des élus de la Communauté d’Agglomération du Pays ajaccien. Il est étonnant de feindre de découvrir aujourd’hui la démarche que nous défendons depuis près de trois ans.
La vraie question est donc celle-ci : dans la Corse de demain, comment permettre à chaque territoire d’exercer pleinement ses compétences, de disposer de ressources adaptées et d’agir plus efficacement au service de sa population ?
Dix ans après la création de la Collectivité unique, chacun peut mesurer que la décision s’est éloignée du terrain. La Chambre des territoires n’a pas suffi à corriger cette perte de proximité.
Le statut de métropole n’est ni une remise en cause de l’autonomie, ni une sécession. C’est un outil juridique reconnu ailleurs en France et en Europe, destiné à apporter plus de proximité, plus de réactivité et plus d’efficacité dans l’action publique.
Cette démarche ne se fait contre personne. Elle doit nourrir une réflexion utile pour l’ensemble de l’île. Un député de la Corse devrait pouvoir entendre cette exigence : renforcer les territoires corses dans leur diversité, ce n’est affaiblir personne.
L’autonomie n’aura de sens que si elle rapproche la décision du terrain et donne à chaque territoire les moyens d’agir. C’est cette autonomie-là que je défends, décentralisée, respectueuse des communes et des intercommunalités qui la compose et qui porte l’ambition d’une Corse apaisée et capable de proposer un avenir prometteur à ses enfants.