09/09/2016
Témoignage depuis le domicile familial de Amira Mrabet
Constantine... Nous sommes le Mercredi 07 Septembre 2016, le minimum à faire était de passer voir la famille de Amira Mrabet...sans savoir où aller, nous savions qu'il fallait d'abord partir et après nous en saurions d'avantage... Ce n'était pas difficile à trouver, tout le monde savait ce qu'on cherchait, tout le monde sauf nous.....
C'était calme, un calme sans paix, et sans confiance... C'est la mère de la défunte qui nous accueille...Madame Houria Lounissi, souriante mais épuisée n'avait presque rien à dire, mis à part qu'elle en veut à celui qui a torturé sa fille...
Fatima, la soeur de Amira est souriante, avec les yeux tristes et bordés de traces de larmes entame la discussion, en demandant à sa mère si elle ne trouvait pas que je ressemblais à sa soeur.... Mon amie, ou mon courage unique dans cette expérience, commence à leur noter nos coordonnées pour tenter de leur proposer au moins de publier nos condoléances pour Amira, quand la maman s'ouvre à nous subitement et spontanément, elle commence par demander à sa fille de nous donner la photo de Amira.... Fatima cherche son portable, et quand elle le retrouve c'est avec les yeux qui brillent qu'elle choisit elle même la photo qu'elle me donnera, et qu'elle voudrait voir publiée.. Moi et mon amie savions que nous ne voulions pas rentrer sans savoir comment aider, mais nous ne pouvions presque rien demander car la situation est juste délicate.... Nous étions venues sans savoir ce que nous pouvions apporter à Amira, mais c'est sa maman qui nous dira spontanément ce qui devrait être fait...
Elle nous répétait : il a voulu brûlé ma fille, et c'est mon coeur qu'il a brûlé avec elle, « Hragli benti w hrag galbi mâaha » .. Dites le, écrivez le.... ! Fatima prend la peine de cacher l'écran du téléphone de peur que sa mère ne s'effondre encore en voyant la photo, et commence à nous raconter l'essentiel de cette triste histoire.. !
Amira Merabet travaillait à l'annexe de la mairie de la mairie du 1600 logement, le principal du fond de cette histoire dont les détails ne regardent personne et surtout pas ceux qui ont inventé plein de versions qui n'ont fait qu'intensifier la douleur de la famille, et ceux qui continuent à chercher une raison comme si c'était le plus important et comme si ça allait justifier cet affreux crime....
Le principal de l'histoire c'est que son agresseur l'avait déjà dérangée et menacée sans que ça ne soit pris au sérieux, il s'appelait Harran Abdelwahab, il avait 32ans, habitant un autre quartier de la même commune, c'était un marchand de légume qui exerçait pas très loin de l'immeuble de la victime, cette dernière avait déjà réagit verbalement au harcèlement de ce voyou dangereux qui a fait au moins 3fois la prison pour toutes sortes d'affaires, et c'est depuis la réaction de la victime que le drame a commencé a s'installer en douce.. sans que ça ne soit trop prix au sérieux. Après un silence Fatima nous rajoute : il est surnommé ENNEMZ, gardez ce surnom en tête..
Lundi de la semaine précédente, Amira allait bien, elle est sortie vers 8h du matin, se dirigeant vers son travail sans se douter qu'il la guettait, muni d'une solution faite d'acide et d'essence, et venu avec sa Mazda, il tente d'abord de kidnapper la victime qui se bat sous le regard de quelques enfants impuissants et choqués, et le temps de prévenir la famille, le plus grave arrive...il lui verse sa solution diabolique, lance son briquet, abandonne sa Mazda et prend la fuite sans laisser de trace jusqu'à présent... Un voisin l'a secouru avec une couverture pour éteindre les flammes quand Amira prononçait ses tout derniers mot avant qu'elle ne perde la voix à cause des brûlures...elle appelait sa maman...elle criait maman aide moi....
De l'hôpital de la commune vers le CHU de Benbadis, ce n'est plus que souffrance et temps avant que Amira ne succcombe à ses blessures le lundi 05 Septembre à 18h.....sa soeur est calme et s'abandonne tristement à l'impuissance devant la cruauté de ce diable humain, et nous révèle : si au moins il l'avait poignardée ou autre...si au moins il lui avait épargné toute cette souffrance....
Je ne saurais rien rajouter mis à part vous transmettre la douleur de deux soeurs, un frère et leurs deux parents qui sont juste en train de subir une atroce douleur, je ne saurais juger si elle est pire ou moindre face à celle de la victime lâchement agressée, torturée et assassinée...