25/07/2025
Le citoyen, qu’il soit lambda ou non, est votre premier patron.
Lors d’une cérémonie publique, dans le « pays profond » — dont je ne connais pas précisément la localité — un préfet ou un sous-préfet, administrateur public, s’est permis de tenir les propos suivants à l’un de ses administrés :
« Tu veux déposer un courrier ? Tu te rends à mon secrétariat pour t’enregistrer. Ces manquements, c’est quand vous êtes avec votre famille. Je suis une autorité. Je suis venu ici, c’est vous qui avez payé mon transport pour que je vienne ici ? »
Ces mots ont été prononcés devant femmes, enfants et anonymes, avec un torse bombé et un ton colérique, dans une volonté claire d’humilier publiquement un citoyen qui n’a fait qu’oser l’interpeller, probablement pour une affaire administrative.
Je dis non. Mille fois non !
Mais Diantre ! À quel moment se croit-on tout permis, simplement parce qu’on a reçu un mandat du peuple ou qu’on a été nommé pour gérer la chose publique ? Même dans une entreprise privée, un PDG ne se permettrait pas une telle humiliation envers un employé, et surtout pas en public.
Ce citoyen, visiblement, a voulu profiter de la présence du représentant de l’État pour poser une question, remettre un courrier ou solliciter une audience. Et au lieu de l’écoute, il a reçu l’humiliation.
Mais c’est justement parce que ce citoyen existe, parce qu’il y a une population, que vous êtes préfet ou sous-préfet ! Vous êtes là pour représenter l’État auprès de ces populations, pas pour les écraser du haut de votre statut.
On envoie souvent des courriers à vos services, sans réponses pendant des mois. Parfois, on n’en reçoit jamais. Alors, quand un administré vous voit dans une cérémonie publique, faut-il l’accabler s’il essaie de transformer cette occasion en opportunité pour se faire entendre ?
Et puis, Ko je suis une autorité ! Oui, vous l’êtes. Mais une autorité qui n’écoute pas ses concitoyens ne peut pas prétendre répondre à leurs vrais besoins. Le pouvoir sans humilité n’est que vanité.
Il est grand temps que l’on change de posture à la tête de l’appareil public. Trop d’administrateurs, à tous les niveaux, ont oublié qu’ils sont au service de la population. Leur mépris, leur arrogance et leur distance ne sont plus tolérables.
Le respect ne se commande pas, il se mérite. Et dans la République, l’autorité doit s’incarner dans le service, pas dans la domination.