26/10/2023
République Démocratique du CongoPouvoir JudiciaireParquet Général près le Conseil d’Etat
Contexte et historique
A l’accession de notre pays à l’indépendance, la loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo en son article 189 rendait compétente la Cour de Cassation de Belgique sur le Congo jusqu’à la création de la Cour Suprême de Justice. Depuis que la Cour Suprême de Justice a été instituée par la Constitution du 1er août 1964, dite Constitution de Luluabourg, en son article 126, jusqu’ à son éclatement effectif, l’organisation judiciaire de notre pays est restée marquée par la prééminence d’une seule Cour. Le même principe d’organisation du système judicaire a été maintenu par la Constitution du 24 juin 1967 et par tous les actes constitutionnels qui l’on suivie. La Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains de ses articles, a réalisé une réforme totale de notre système judiciaire. C’est ce qui ressort de ses dispositions pertinentes de ses articles 149, 153, 154 et 157. A côté de la Cour Constitutionnelle, il a été institué les juridictions de l’ordre judiciaire placées sous le contrôle de la Cour de Cassation et les juridictions de l’ordre administratif coiffées par le Conseil d’Etat.Cette réforme consacre ainsi le passage de notre organisation judiciaire du système moniste au système dualiste ou l’administration n’est plus jugée par les mêmes juridictions qui tranchent les litiges entre particuliers. Les lois organiques n° 13/010 du 19 février 2013, n° 13/011-B du 11 avril 2013, n° 13/026 du 15 octobre 2013 et n° 16/027 du 15 octobre 2016 ont permis de mettre respectivement en place la Cour Constitutionnelle, les juridictions de l’ordre judiciaire et celle de l’ordre administratif. Il sied de rappeler qu’en République Démocratique du Congo la justice était considérée comme un instrument des plus forts qui mataient les plus faibles. S’inscrivant dans la logique du Chef de l’Etat qui prône une installation d’un Etat de droit, le Parquet Général près le Conseil d’Etat, n’aménagera aucun effort pour accompagner le Chef de l’Etat, qui est le Magistrat Suprême dans la concrétisation de sa décision à travers une justice administrative. Car cette dernière est le socle d’un état de droit.
SA MISSION REGALIENNE
dien de la légalité républicaine, le Parquet Général assume la mission du Ministère Public près le Conseil d’Etat, juridiction administrative supérieure à laquelle, il est rattaché sur pied des articles 33, 34, 35 et 36 de la loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016. A cet effet, il intervient par voie d’avis aussi par voie d’action dans le cas de renvoi pour cause de sureté publique, de révision et de pourvoi dans l’intérêt de la loi. Il ne prend pas part au délibéré. En sa qualité d’officier du Ministère Public, il expose publiquement et en toute indépendance, une opinion sur les questions que les requêtes présentent à juger et les solutions qu’elles appellent. Par réquisitoire, il peut aussi saisir le Conseil d’Etat. Il remplit les devoirs de son office auprès du Conseil d’Etat. Il donne ses avis en matière contentieuse en audience publique (art 85) et en matière consultative, il participe à l’Assemblée mixte avec les membres de la Section consultative du Conseil d’Etat. Les avis dûment motivés du Ministère Public sont émis par écrit en matière contentieuse après communication du dossier par le Conseil d’Etat, contenant une requête, des mémoires et les pièces.Il assiste aux audiences d’instruction dans la chambre contentieuse ainsi à celle de prononcés des arrêts tant en matière administrative qu’en matière électorale. Le Procureur Général prononce une mercuriale à l’audience publique et solennelle à la rentrée judiciaire du Conseil d’Etat. Il est le 1er Rapporteur du Bureau du Conseil Supérieur de la Magistrature.
COMPOSITION
Le Parquet Général près le Conseil d’Etat est composé du Procureur Général, des Premiers Avocats Généraux et des Avocats Généraux, tous assumant le rôle du Ministère Public conformément à la loi et au règlement intérieur du Parquet Général. Il comprend un Secrétariat général dirigé par le Premier Secrétaire. Les magistrats dans l’exercice de leur fonction, sont assistés des membres de leurs cabinets nommés conformément au Règlement intérieur du Parquet Général.
FONCTIONNEMENT
Depuis son installation avec la promulgation de la loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des juridictions de l’ordre administratif, le Parquet Général près le Conseil d’Etat est situé au 2ème niveau du nouveau Palais de Justice au croisement des Avenues des Bâtonniers et Pumbu dans la Commune de la GombeA ce jour, les juridictions inférieures de l’ordre administratif ne sont pas encore installées.En attendant, les Parquets généraux près les Cour d’appel exercent les attributions dévolues au