Bibliothèque et technologies éducatives - Cégep de Granby

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[𝗖𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗺𝗻𝗲, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘔𝘰𝘯 𝘷𝘳𝘢𝘪 𝘯𝘰𝘮 𝘦𝘴𝘵 𝘌́𝘭𝘪𝘴𝘢𝘣𝘦𝘵𝘩, Adèle Yon, Éditions du Sous-Sol, Paris, 2025, 400 pagesEn partant du ...
20/01/2026

[𝗖𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗺𝗻𝗲, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘔𝘰𝘯 𝘷𝘳𝘢𝘪 𝘯𝘰𝘮 𝘦𝘴𝘵 𝘌́𝘭𝘪𝘴𝘢𝘣𝘦𝘵𝘩, Adèle Yon, Éditions du Sous-Sol, Paris, 2025, 400 pages
En partant du su***de de l'un des fils de son arrière-grand-mère Betsy, frère de la grand-mère de l'autrice, et en suivant le fil rouge de la santé mentale, Adèle Yon compose une somme de recherches sur l'évolution de la santé mentale en France et dans le monde au XXe siècle. Elle démontre la négligence et le mépris envers les femmes qui a été bien trop souvent au coeur de la recherche médicale en santé mentale.
L'autrice, en avançant dans ses recherches, tente de démêler les non-dits, les mensonges familiaux, les peurs de tous les membres de sa famille, les siennes au premier plan. Elle essaie de redonner une place à cette femme que tout le monde nommait Betsy, qu'elle n'a elle-même jamais connue, comme s'il s'agissait d'un petit oiseau fragile et incompétent, alors qu'elle a été victime de son époque, des préjugés nombreux, du mépris de son mari et de l'incompréhension généralisée. Adèle Yon aborde le transgénérationnel et la transmission, même (et peut-être surtout) par les non-dits.
Ce livre, presque inclassable, embrasse une forme éclatée, qui utilise des entrevues avec la famille, parfois très intimes, des archives médicales passionnantes, des lettres, des témoignages, et convoque les pensées de l'autrice à travers toute cette enquête fort perturbante. Cela en fait un objet universel, qui part de l'intime pour aller vers la grande Histoire. Le style reste la plupart du temps très fluide, avec de très beaux passages lorsqu'on touche aux réflexions de l'autrice.
La deuxième partie du livre - un peu plus hermétique, mais nécessaire - est consacrée à l'histoire de la santé mentale et notamment à l'utilisation de la lobotomie. L'ensemble du livre, sur ce sujet, est extrêmement triste et nous avons l'impression d'assister à un grand gâchis. L'arrière-grand-mère de l'autrice a été diagnostiquée schizophrène en 1950, sans véritable certitude, et a été l'une des premières personnes lobotomisée en France.

[𝗖𝗲𝘁 é𝘁é, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘓𝘦 𝘴𝘵𝘰𝘳𝘺𝘣𝘰𝘢𝘳𝘥 𝘥𝘦 𝘞𝘪𝘮 𝘞𝘦𝘯𝘥𝘦𝘳𝘴, Stéphane Lemardelé, Éditions La boîte à bulles, 2022, 149 pages.Stéphane...
30/09/2025

[𝗖𝗲𝘁 é𝘁é, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘓𝘦 𝘴𝘵𝘰𝘳𝘺𝘣𝘰𝘢𝘳𝘥 𝘥𝘦 𝘞𝘪𝘮 𝘞𝘦𝘯𝘥𝘦𝘳𝘴, Stéphane Lemardelé, Éditions La boîte à bulles, 2022, 149 pages.
Stéphane Lemardelé, auteur de bande dessinée basé en Estrie, a été engagé dans l'équipe du film de Wim Wenders, 𝘌𝘷𝘦𝘳𝘺 𝘛𝘩𝘪𝘯𝘨 𝘞𝘪𝘭𝘭 𝘉𝘦 𝘍𝘪𝘯𝘦, tourné dans la région d'Oka et à Montréal en 2015. Le réalisateur souhaitait tourner en 3D et, entre autres pour cette raison, avait besoin d'un storyboard très précis. Collaborant ainsi avec le réalisateur, Stéphane Lemardelé documente chaque scène clé du film. Dans cette bande dessinée qu'il réalise quelques années plus t**d en 2022, il écrit aussi beaucoup sur la vision du réalisateur allemand, qu'il admire manifestement (et moi aussi!).
De ces observations et réflexions résulte un ouvrage très riche et beau, qui, à travers la réalité d'un tournage de cinéma, nous apprend que chaque rayon de lumière influence la scène qu'un réalisateur a pensé. Pour réussir à nous émouvoir, nous, spectateurs dans nos fauteuils de cinéma, les artisans d'un film travaillent très fort au moindre détail.
Plus qu'un compte-rendu de tournage, 𝘓𝘦 𝘴𝘵𝘰𝘳𝘺𝘣𝘰𝘢𝘳𝘥 𝘥𝘦 𝘞𝘪𝘮 𝘞𝘦𝘯𝘥𝘦𝘳𝘴 est une réflexion approfondie sur le travail d'un réalisateur visionnaire et une lettre d'amour au cinéma et à la photographie.

Seul bémol, de nature éditoriale : les notes de bas de page encombrent le récit. Des notes en fin d'ouvrage auraient été plus appropriées, en admettant qu'une traduction aussi détaillée des expressions québécoises était absolument nécessaire...




[𝗖𝗲𝘁 𝗲́𝘁𝗲́, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘳𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘤𝘰𝘯𝘥𝘦 : 𝘓𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘮𝘰𝘶𝘷𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘦́𝘦 𝘥'𝘌𝘢𝘥𝘸𝘦𝘢𝘳𝘥 𝘔𝘶𝘺𝘣𝘳𝘪𝘥𝘨𝘦, Guy Delisle, Éditions Delco...
16/09/2025

[𝗖𝗲𝘁 𝗲́𝘁𝗲́, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘳𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘤𝘰𝘯𝘥𝘦 : 𝘓𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘮𝘰𝘶𝘷𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘦́𝘦 𝘥'𝘌𝘢𝘥𝘸𝘦𝘢𝘳𝘥 𝘔𝘶𝘺𝘣𝘳𝘪𝘥𝘨𝘦, Guy Delisle, Éditions Delcourt, 2025, 203 pages.
Le bédéiste Guy Delisle a publié cette année l'histoire d'Eadweard Muybridge, pionnier de la photographie et de l'animation, dont la vie a plus ou moins été oubliée. Il est celui qui a prouvé, par la photographie, qu'un cheval au galop ne touche pas le sol pendant une fraction de seconde.
On retrouve cette fameuse image sur la pochette du disque de Philip Glass, 𝘛𝘩𝘦 𝘗𝘩𝘰𝘵𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘦𝘳, pièce de théâtre musical basée sur la vie d'Eadweard Muybridge.
Personnage hors du commun, Muybridge a fait de sa vie un vrai film de cinéma, défrayant la chronique pour l'assassinat de l'amant de sa femme, pour lequel il fut d'ailleurs acquitté. Au-delà de ce fait d'armes, Muybridge a eu mille vies, exerçant de nombreux métiers, toujours guidé par cette soif de découverte. Il a bénéficié de la fortune de son employeur, Stanford (le fondateur de l'Université du même nom), pour réaliser ses ambitions.
Guy Delisle a parsemé sa bd de véritables photos de Muybridge (toutes du domaine public), ce qui ajoute à l'aspect documentaire de cette œuvre, un peu comme l'avait fait Emmanuel Guibert avec les photos de Didier Lefèvre dans sa bd 𝘓𝘦 𝘱𝘩𝘰𝘵𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘦, parue en 2003.

Guy Delisle reprend le fil chronologique de la création de l'image animée, en démontrant à la fois avec des explications très techniques et des considérations artistiques que Muybridge, 15 ans avant les Frères Lumière ou même Edison, savait comment projeter des images animées sur un écran fixe.
Guy Delisle répète souvent, depuis la parution de cet album, qu'il trouve difficile de dessiner des chevaux. Son sujet commande pourtant de savoir les détailler sous toutes leurs coutures... Et il le fait très bien ! Mais son travail va bien plus loin que ça, on sent au fil des pages sa fascination pour ce grand découvreur et aventurier que fut Eadweard Muybridge.





[𝗖𝗲𝘁 𝗲́𝘁𝗲́, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘓'𝘦𝘳𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘢𝘤𝘪𝘯𝘦𝘴 : 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘢𝘶 𝘤œ𝘶𝘳 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘰𝘳𝘦̂𝘵, de Sébastien Ste-Croix-Dubé, Éditions Varia, Co...
11/09/2025

[𝗖𝗲𝘁 𝗲́𝘁𝗲́, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘓'𝘦𝘳𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘢𝘤𝘪𝘯𝘦𝘴 : 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘢𝘶 𝘤œ𝘶𝘳 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘰𝘳𝘦̂𝘵, de Sébastien Ste-Croix-Dubé, Éditions Varia, Collection Prose de combat, 2024, 210 pages.Dans cet essai organisé par saison, l'essayiste et conférencier Sébastien Ste-Croix Dubé partage ses réflexions sur la relation entre l'être humain et la forêt. Il démontre à quel point nous méconnaissons notre environnement. Mais ses constats et ses réflexions nous poussent à approfondir nos connaissances, à apprendre de façon intelligente à mieux intégrer nos vies au(x) territoire(s) et à la nature. Il explique brillamment et de façon positive, sans culpabilité, les impacts de l'homme sur la nature et de la nature sur l'humain.
En s'entretenant avec plusieurs personnes qui œuvrent dans le monde forestier (à son exploitation et à sa protection), il construit un récit qui touche à la fois à l'individuel et au collectif. En intégrant sa propre famille à ce récit, et notamment ses petites filles qui grandissent dans ce monde que l'on dit sans cesse en perdition, il ouvre un avenir des possibles, en symbiose avec cette forêt qui pourrait nous apprendre beaucoup. Une lecture qui fait du bien, toute en nuances, en petites touches, de ces phrases que l'on voudrait souligner ou inscrire dans notre cahier de méditation. Une écriture sensible, qui s'inscrit dans le genre nature writing, qui place la nature et le territoire au centre du récit.


11/09/2025

Depuis cette semaine, la bibliothèque ouvre plus t**d pour vous permettre de profiter de ses espaces, de ses services et de sa collection. Voici l'horaire jusqu'à la fin de session :
Lundi au jeudi : 7 h 45 à 19 h
Vendredi : 7 h 45 à 18 h

Bonne session à tous !

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Le journaliste et chroniqueur Pierre Foglia est décédé le 29 juillet dernier, à Cowansville. À la bibliothèque du Cégep,...
31/07/2025

Le journaliste et chroniqueur Pierre Foglia est décédé le 29 juillet dernier, à Cowansville. À la bibliothèque du Cégep, nous avons sa biographie, écrite en 2015 par Marc-François Bernier, le recueil de ses chroniques du Tour de France et un guide de randonnée à vélo auquel il a participé. Disponibles pour être empruntés !

́lo

Pause poésie / Que de beaux titres qui forment eux aussi un autre poème  !
30/07/2025

Pause poésie / Que de beaux titres qui forment eux aussi un autre poème !


[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘚𝘪𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘲𝘶𝘢𝘪, Elliot Royer et Alain Bujak, Éditions Futuropolis, 2024, 95 pages.Ce « plaido...
10/06/2025

[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘚𝘪𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘲𝘶𝘢𝘪, Elliot Royer et Alain Bujak, Éditions Futuropolis, 2024, 95 pages.

Ce « plaidoyer pour le train et pour le maintien des petites lignes qui désenclavent les territoires ruraux » (Planète BD) enquête sur l'abandon de la ligne de train Béziers-Neussargues, en France, qui a pourtant un potentiel touristique et dessert une région éloignée. L'auteur, en convoquant ses souvenirs d'enfance, démontre tout le potentiel des petites lignes ferroviaires de France. La rentabilité économique et la vitesse ont longtemps primé dans le développement des transports collectifs, au détriment, selon l'auteur, de l'idée même de service public.
Certaines de ces petites lignes ont ou auraient par ailleurs un potentiel touristique intéressant, qui mériterait d'être développé davantage. La France s'est beaucoup construite grâce à ce réseau ferroviaire, cette toile qui a permis de relier de nombreuses villes entre elles. Ce patrimoine n'est pas à négliger. 𝘚𝘪𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘲𝘶𝘢𝘪 peut alors devenir une lecture plus universelle, qui illustre par ses dessins simples l'abandon d'un monde, d'une époque où l'on prenait plus son temps. L'auteur regrette que l'aspect social ne soit plus tellement considéré dans les différents choix politiques en lien avec le transport collectif. Sa rencontre avec Claude Gayssot, qui a été ministre (communiste) des transports, est assez éclairante sur le sujet.
D'un point de vue écologique, les trains régionaux qui nous sont présentés dans cette bande dessinée permettent de traverser le territoire comme on ne le fait jamais. Les différents paysages se succèdent. L'épidémie de COVID a incité de nombreuses personnes à se rapprocher de la nature, à quitter la ville, à retrouver le goût du silence : la réouverture de ces petites lignes de train serait donc tout à fait propice. Reste à voir si la conjoncture économique le permettra : nous pouvons en douter, mais nous pouvons espérer.
La réalité est bien différente au Canada, mais connaître ce qui se fait ailleurs nous enrichit toujours.


𝘌𝘯𝘵𝘦𝘯𝘥𝘴-𝘵𝘶 ? 𝘜𝘯 𝘦𝘴𝘴𝘢𝘪 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘴𝘪𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦, Del Busso éditeur, 2024, 168 pages.En se documentant pour créer le personnage de s...
09/06/2025

𝘌𝘯𝘵𝘦𝘯𝘥𝘴-𝘵𝘶 ? 𝘜𝘯 𝘦𝘴𝘴𝘢𝘪 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘴𝘪𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦, Del Busso éditeur, 2024, 168 pages.

En se documentant pour créer le personnage de son nouveau roman, l'auteur, traducteur et réviseur Vincent Fortier a découvert que le sujet du silence - et ses corollaires l'écoute, le bruit et la parole - semblaient inépuisables. Il a décidé d'en faire un essai. Nourri par une cinquantaine de sources, toutes référencées à la fin de l'essai, Vincent Fortier aborde le thème du silence sous de nombreux aspects : il en dessine les contours en tentant de définir ce qu'est le silence et ce qu'il n'est pas. Il oppose des concepts tels que silence et solitude, montre ce que le silence peut nous apporter, ce qu'il nous retire. Il aborde l'aspect politique du silence, en évoquant ce que le silence permet parfois de cacher, volontairement ou pas. Des groupes marginalisés qui sont silenciés par les groupes majoritaires aux personnes, qui, volontairement, se nient par peur ou par honte.
Il explore également les différences culturelles vis à vis du silence, qui n'est pas abordé de la même façon selon les pays ou les cultures.
C'est un essai foisonnant qu'il nous propose, étourdissant, presque, et qui donne réellement envie de se plonger dans les références qu'il mentionne, d'Audrey Lorde à Édouard Louis, en passant par bell hooks ou Thich Nhat Hanh.
Réjouissant pour le cœur et l'esprit.



[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘓𝘦𝘴 𝘗𝘪𝘻𝘻𝘭𝘺𝘴, Jérémie Moreau, Éditions Delcourt, 2022, 200 pages.Il n'a fallu que quelques pages po...
08/06/2025

[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘓𝘦𝘴 𝘗𝘪𝘻𝘻𝘭𝘺𝘴, Jérémie Moreau, Éditions Delcourt, 2022, 200 pages.

Il n'a fallu que quelques pages pour que je sois emportée par cette histoire et par ce graphisme étonnant. Le personnage principal, Nathan, vit avec son petit frère Étienne et sa jeune sœur Zoé. Chauffeur Uber, il travaille jour et nuit pour subvenir aux besoins de sa famille, payer l'école, etc. depuis le décès de leur mère. Une journée où tout va mal, il rencontre Annie, une femme qui retourne dans sa terre natale, l'Alaska. Elle propose à Nathan que les trois la suivent là-bas, le temps de se retrouver et aussi permettre aux deux plus jeunes de grandir dans un environnement plus sain. Pour elle, grandir en ville, à Paris, n'a pas de sens.
Le récit prend la tournure d'une fable écologique, mais ce n'est jamais poussé ou exagéré.
En montrant la faune, la flore, le territoire et les paysages qui changent, dans des planches somptueuses, l'auteur parvient à toucher le lecteur qui peut alors déduire par lui-même les dangers qui menacent les territoires du Nord. Les pizzlys seraient un mélange d'ours polaires et de grizzlys, puisque la fonte des glaces forcent les ours polaires à descendre plus au Sud pour se nourrir.
Alors que les deux enfants s'adaptent de mieux en mieux à leur nouvelle vie, Nathan, lui, semble sombrer dans une profonde dépression.
Lorsque des feux de forêt surviennent, ils sont tous menacés et doivent évacuer en des lieux plus sûrs. Mais Nathan et les enfants sont introuvables.
L'auteur fait alors intervenir certains mythes autochtones dans son histoire, qui viennent brouiller la réalité des Blancs, en visite pour la première fois dans ces contrées. Caribous, ours, huards, poissons, out**des, renards, animaux vénérés et chassés par les autochtones,  subissent eux aussi les conséquences des changements climatiques, comme le montre cette planche magnifique et déchirante que vous voyez en image.

Peut-être que c'est par l'interprétation de ces mythes, l'écoute de ces histoires,  le respect de ces animaux, le retour à la simplicité que le salut arrivera.



[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘓𝘦 𝘤𝘢𝘴 𝘋𝘢𝘷𝘪𝘥 𝘡𝘪𝘮𝘮𝘦𝘳𝘮𝘢𝘯, Lucas Harari et Arthur Harari, Éditions Sarbacane, 2024, 360 pages.Après u...
07/06/2025

[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘓𝘦 𝘤𝘢𝘴 𝘋𝘢𝘷𝘪𝘥 𝘡𝘪𝘮𝘮𝘦𝘳𝘮𝘢𝘯, Lucas Harari et Arthur Harari, Éditions Sarbacane, 2024, 360 pages.

Après une fête de Nouvel an où il se rend à contrecoeur, David se réveille dans le corps d'une jeune femme rencontrée à cette soirée et avec qui il aurait passé la nuit. Son corps s'est transformé, mais pas son esprit, puisqu'il est toujours le David Zimmerman qui nous est présenté au début, photographe un peu déprimé, issu d'une famille qui a enfoui plusieurs drames.
Durant toute la bd, David essaie de comprendre ce qui lui arrive, et il finira par rencontrer une autre personne victime de ce transfert et qui, lui, a pris l'apparence de David !
Le dessin est très beau et très fluide, et les pages de déambulation en ville très riches de détails. Les lignes sont claires, le dessinateur Lucas Harari se dit inspiré par Tardi et ses décors urbains. Il y a un peu de Scott McCloud également, dans les traits des personnages.
Ce scénario, qui frôle le fantastique, est un prétexte pour explorer les questions d'identité. Les éléments de réalisme magique nous rappellent un peu l'écriture de Murakami ou le manga 𝘘𝘶𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦𝘳 𝘭𝘰𝘪𝘯𝘵𝘢𝘪𝘯 de Jiro Taniguchi, que les frères Harari citent souvent dans leurs références. À noter qu'Arthur Harari est au départ un scénariste de cinéma (notamment scénariste d'𝘈𝘯𝘢𝘵𝘰𝘮𝘪𝘦 𝘥'𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘩𝘶𝘵𝘦, en collaboration avec Justine Triet).

Sa façon de travailler est donc bien différente de celle d'un scénariste de bande dessinée. Il ne voulait pas écrire cette histoire, au départ, mais finalement, ce projet l'obsédait trop, il a donc proposé à son frère de collaborer. Lucas a pu expliquer à son frère Arthur comment les dessins permettaient aux lecteurs de s'approprier l'histoire, d'une manière différente de celle associée au visionnement d'un film. Le dessin permet à l'imaginaire d'être plus actif (entrevue dans Télérama, 17 novembre 2024).
Une bande dessinée très réussie pour les deux frères, aussi mystérieuse que réjouissante.

[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]𝘑'𝘺 𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘫'𝘢𝘪 𝘱𝘦𝘶𝘳, Clarisse Crémer et Maud Bénézit, Éditions Delcourt/Encrages, 219 pages.Da...
06/06/2025

[𝗔𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶, 𝗷'𝗮𝗶 𝗹𝘂]
𝘑'𝘺 𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘫'𝘢𝘪 𝘱𝘦𝘶𝘳, Clarisse Crémer et Maud Bénézit, Éditions Delcourt/Encrages, 219 pages.

Dans cette bd documentaire, on suit la navigatrice Clarisse Crémer, qui, à l'âge de 28 ans, a réussi à terminer le Vendée Globe 2020, une course de voile en solitaire très exigeante. On assiste au parcours technique et humain qui a mené à cette participation et on découvre le quotidien sur un bateau de cette envergure, un IMOCA de plus de 18 mètres de long (monocoque).
« J'y vais, mais j'ai peur » : la navigatrice se le dit souvent. Dans plusieurs situations, elle doit faire preuve de sang-froid pour se sortir de certaines situations et accepter que la peur est souvent bien présente.
Le dessin fait la part belle aux détails techniques nautiques très précis, que la dessinatrice, Maud Bénézit, de son propre aveu en postface, a acquis durant ses discussions avec Clarisse Crémer. Les pages plus poétiques, montrant le côté romantique de la navigation, sont plus rares, mais magnifiques.
Avant de parcourir le monde durant ce Vendée Globe, Clarisse Crémer s'était pratiquée dans d'autres courses et régates : on voit toute l'évolution de son parcours dans cette bande dessinée.
Le dessin, parfois naïf et plein d'humour, très coloré, contient aussi beaucoup d'informations sur toutes sortes de sujets : la voile en tant que telle, la force du mental, la place des femmes dans ce sport, mais aussi l'écologie, et notamment cette question cruciale : comment pratiquer une activité telle que la voile en respectant ses valeurs profondes de respect de l'environnement ? En effet, on pense à tort que la voile est une activité "verte", mais il n'en est rien ! La navigatrice raconte : les millions dépensés, l'énergie utilisée pour la fabrication du bateau, l'obligation de rentabilité, les collisions avec des cétacés (5 durant le Vendée Globe 2020, mais c'est un sujet tabou), les déchets rencontrés en mer, etc.
Sa conclusion : pratiquer ce sport permet d'être témoin de cette triste réalité et d'en parler ensuite pour sensibiliser la population. Reste à attendre des actions concrètes.



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