04/28/2026
Deux poids, deux mesures : on serre la vis aux citoyens pendant qu’on ferme les yeux ailleurs.
À Blainville, comme ailleurs dans la CMM, les citoyens sont appelés à faire toujours plus : moins de collectes d’ordures, plus de tri, plus de contraintes au quotidien.
Ce virage n’est pas anodin. Dans son PMGMR 2024-2030, la CMM prévoit que la collecte des ordures ménagères soit limitée à un maximum de 26 collectes par année [1]. Autrement dit : environ une collecte aux deux semaines.
Sur le terrain, le message est clair : les citoyens doivent modifier leurs habitudes.
Mais pendant qu’on resserre les règles autour des bacs résidentiels, une question demeure : où est le même niveau d’exigence pour le reste du système? Pour les industriels?
Au Québec, en 2023, les matières éliminées provenaient à 40 % du secteur municipal, à 32 % du secteur industriel, commercial et institutionnel (ICI) et à 28 % du secteur construction, rénovation et démolition (CRD) [2]. Les citoyens ne sont donc qu’une partie du problème.
À Blainville, exploite une installation qui offre des services de gestion, de traitement et de disposition finale de matières dangereuses résiduelles et de sols contaminés [3]. Selon le BAPE, le procédé transformerait ces matières en un produit stable et inerte, ensuite déposé définitivement dans des cellules de placement [3].
Le contraste est frappant.
D’un côté, les citoyens subissent des changements directs et immédiats.
De l’autre, les grands flux industriels sont encadrés par d’autres niveaux de décision, souvent moins visibles pour la population.
La question n’est pas de refuser la transition environnementale.
La question est de demander de la cohérence.
Si l’objectif est réellement de réduire l’empreinte environnementale globale, alors il faut aller plus loin que les bacs résidentiels.
Nous demandons :
• une transparence accrue sur l’origine, les volumes et la nature des matières industrielles traitées sur le territoire;
• des objectifs mesurables pour les grands générateurs de déchets;
• davantage de pouvoirs municipaux pour encadrer les impacts locaux;
• une information claire aux citoyens sur l’ensemble du système;
• une transition environnementale qui ne repose pas principalement sur les ménages.
À Blainville, les citoyens font déjà leur part.
Il est temps que l’effort soit partagé par tout le système.
Des solutions existent :
Publier clairement les volumes et la provenance des matières traitées, imposer des objectifs mesurables aux grands générateurs de déchets, mieux informer les citoyens et miser sur la réduction à la source plutôt que sur des contraintes imposées surtout aux ménages.
La vraie transition écologique doit être transparente, équitable et applicable à l’ensemble du système… pas seulement aux familles.
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Références :
[1] Communauté métropolitaine de Montréal — PMGMR 2024-2030
URL :https://cmm.qc.ca/wp-content/uploads/2023/09/PMGMR_2024-2030.pdf
Extrait utilisé : « La fréquence de collecte des ordures ménagères doit être limitée à un maximum de 26 collectes par année. »
[2] RECYC-QUÉBEC — Bilan 2023 de la gestion des matières résiduelles, section “L’élimination”
URL :https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/bilan-gmr-2023-elimination.pdf
Extrait utilisé : « Quantité de matières résiduelles éliminées par secteur (municipal, ICI, CRD) » — Municipal : 40 %, ICI : 32 %, CRD : 28 % en 2023.
[3] BAPE — Projet de réaménagement de la cellule no 6 au centre de traitement Stablex
URL : https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/reamenagement-cellule6-stablex/
Extrait utilisé : « Elle offre des services de gestion, de traitement et de disposition finale de matières dangereuses résiduelles et de sols contaminés. »
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Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex