17/03/2026
Mardi après-midi, les chaînes de montage de la célèbre usine d’armement FN Herstal se sont soudainement figées. La cause ? Une visite surprise et particulièrement malvenue du président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, venu s’incruster dans le sillage du ministre de l’Intérieur Bernard Quintin. Si les ouvriers n’ont vu aucun inconvénient à recevoir le ministre de tutelle en charge des dossiers liés à l’entreprise, la présence du patron des libéraux a déclenché un débrayage immédiat de la délégation FGTB. Le mot d’ordre était clair : faire grève et vider l’usine pour ne laisser au politicien qu’un décor fantôme.
Pour les travailleurs, cette irruption s’apparente à une provocation pure et simple, qualifiée de véritable tourisme politique. Georges-Louis Bouchez est en effet perçu comme l’un des principaux architectes des réformes d’austérité du gouvernement qui menacent directement les acquis sociaux des classes populaires. La direction de l’entreprise, visiblement consciente de la toxicité de ce passage, avait d’ailleurs pris le soin de cacher sa venue à la délégation syndicale jusqu’à la veille au soir. Face à ce qu’ils considèrent comme un mépris de classe assumé, les ouvriers ont fermement refusé de servir de figurants dociles pour une énième opération de communication libérale.
Ce camouflet industriel en dit long sur la fracture toujours plus grande entre les plateaux de télévision et la réalité du terrain. Georges-Louis Bouchez pensait s’offrir une belle séance photo au cœur d’un fleuron de l’industrie wallonne pour soigner son image d’homme de terrain, il s’est finalement heurté à un mur de machines à l’arrêt. Cette usine vidée de ses travailleurs est un symbole puissant : elle rappelle aux dirigeants que le monde du travail n’est pas un simple parc d’attractions où l’on peut venir parader impunément pendant que l’on prépare activement le démantèlement des droits sociaux dans les bureaux feutrés de Bruxelles.
Source : Belga - 17 mars 2026