19/01/2024
République Démocratique du Congo
Par Kabwende Kyéngé Kisoke,
Prince et Libre Penseur
Unité des peuples et l’unité géographique
Nous nous devons, nous tous, de faire un examen de conscience sur ce que nous sommes devenus depuis l’indépendance du 30 juin 1960. Où en sommes-nous avec nos valeurs civilisationnelles ? Nous savons que la première étape de la destruction d’un peuple commence toujours par la dépréciation culturelle de ce peuple. La structure coloniale (vision raciste européenne sur les cultures africaines) a comme objectif de dénaturer les peuples africains en les empêchant de recouvrir leurs identités et cultures historiques. Cette structure s’appuie à ce jour sur les États unitaires imposés lors des indépendances. Et notre pays ne fait pas l’exception.
L’imposition d’un système politique colonial poursuit cet objectif. La seule manière de sauvegarder nos valeurs civilisationnelles historiques face à cette volonté satanique de nous dépersonnaliser et dénaturer de nos racines ancestrales est de nous défaire de l’unité géographique issue de la colonisation, en maintenant l’unité de peuples. Celle-ci devra être bâtie sur noyau de nos valeurs propres. Ce ne sont pas les olibrius qui nous ont appris à vivre ensemble. Nous nous connaissions et commercions les uns les autres mais chacun avait son espace géographique où il vivait selon ses cosmologies, valeurs civilisationnelles. C’est ce que nous devons retrouver si l’on veut exister dans ce monde où les antivaleurs des olibrius envahissent les régions africaines.
À ceux qui nous demanderont la différence entre l’unité géographique et l’unité de peuples, nous les répondons à partir d’un exemple d’un château familial spolié par un olibrius qui le transforme en un entrepôt :
Un patriarche a un château où il vit avec ses dix enfants. Il prit soin de donner à chacun sa chambre privée. Ces enfants se fréquentent fraternellement et se soutiennent malgré qu’il leur arrive à se taper, se quereller mais ils parviennent toujours à se réconcilier et chacun rentre se reposer dans sa chambre. Les enfants se marient et les petits-fils grandissent à côté de leur patriarche. La cohabitation est pacifique parce que personne ne viole la vie privée de son frère : c’est-à-dire que personne n’entre dans la chambre de l’autre sans toquer et/ou il ne change pas la décoration de la chambre. Quelques temps après, un olibrius vint et tue le patriarche. Cette mort le permet d’occuper le château familial en soumettant les enfants et petits-fils du patriarche.
Les héritiers ou l’ascendance (les petits-fils) continuent à résister et parviennent à chasser l’olibrius envahisseur. Il se trouve que celui-ci avait désorganisé le château en le transformant en un entrepôt pour ses marchandises. Par ailleurs, les petits-fils qui étaient déjà majeur à l’arrivée de cet olibrius ont encore conscience des endroits où leurs pères avaient chacun sa chambre. Et que chacun domine démographique respectivement les anciens espaces où se trouvait les chambres de leurs pères. Les petits-fils acceptent néanmoins d’occuper l’entrepôt tel qu’il a été laissé par l’olibrius. Seulement, la cohabitation est problématique car personne n’a vraiment pas un espace privé et ceci provoque ainsi les frustrations pour les héritiers qui n’ont pas encore intériorisé la vie de cette nouvelle réorganisation architecturale de l’entrepôt où se trouvait leur château.
À ce niveau, l’unité des peuples consiste à la première architecture du château où les enfants vivaient en symbiose chacun ayant son espace privé tout en communiquant et entretenant les relations avec ses autres frères. L’unité géographique se réfère à la seconde architecture introduite par l’olibrius, c’est-à-dire l’entrepôt des marchandises.
Revenons à notre récit. Dès le premier jour du départ de l’olibrius certains héritiers veulent reconstruire la chambre de leurs pères. Mais il se trouve qu’on ne peut plus reconstituer la première architecture du château. Qu’est-ce qu’il faut faire pour amener les héritiers à cohabiter dans cet entrepôt ?
L’intelligence sera d’envisager une nouvelle reconstruction à l’intérieur de l’entrepôt pour que chaque héritier ait son espace privé qui ne sera pas forcément à la taille de la chambre de son père, mais un espace privé qui lui permet de perpétuer son individualité et singularité de son père. C’est ce que nous appelons l’unité des peuples.
Quant à l’unité géographique consistera à obliger à tous les héritiers de cohabiter dans l’entrepôt privant ainsi à chaque héritier de sa singularité et individualité. Dans le tel cas, nous ne pouvons que s’attendre aux révoltes, oppressions, conflits car au lieu de travailler communément pour un seul but, objectif pour faire de l’entrepôt un espace viable, les héritiers passeront leur temps à vouloir défendre leur individualité et ils n’arriveront pas à leurs fins jusqu’à ce que les autres olibrius constant le chao qui règne à l’intérieur de l’entrepôt décident d’en détruire avec la complicité de certains héritiers qui penseront qu’ils travaillent pour leurs peuples.
Nous espérons que chacun a compris à quoi nous nous référons :
• Château : Afrique centrale,
• Patriarche : espace du bassin du Congo avant la conférence de Berlin,
• Enfants du patriarche : les différents peuples,
• Chambres : les différents royaumes et structures sociopolitiques ancestrales,
• Olibrius : nations européennes,
• Héritiers : Nations ayant encore la conscience historique ancestrale,
• Entrepôt : République Démocratique du Congo.
Nous ne pouvons reconstruire l’Afrique centrale (château) en partant sur les anciennes structures politiques. Nous devons l’accepter. Mais ce que nous pouvons faire néanmoins est réorganiser intérieurement la République Démocratique du Congo (Entrepôt) en donnant à chaque héritier son espace privé où fleurira ses valeurs civilisationnelles. Et si nous nous entêtons à garder l’unité géographique issue de la colonisation, nous devons attendre que les olibrius (grandes puissances) capitalisent sur nos différends pour balkaniser ce pays dans leurs intérêts géostratégiques, militaires et géopolitiques. Elles ont déjà fait de notre pays le ring de leurs rivalités géopolitiques. Elles s’enfichent que cet espace ait de peuples ou pas. Ce qui leurs intéresse ce sont les matières premières et s’il faudra nous exterminer pour avoir accès à celles-ci, elles le feront car ce sont les olibrius sans âme.
À suivre...
Prince du Royaume de Kabongo,
Bruxelles, 19 janvier 2024.